Une fois de plus, des pourparlers ont lieu pour tenter de mettre fin au bain de sang en Syrie. Cependant, alors que débute à Vienne  une nouvelle conférence internationale visant cet objectif, les participants sont toujours confrontés à d’énormes obstacles politiques. Quels groupes armés seront représentés et par qui, et lesquels seront exclus? Qui devrait décider du sort du président Bachar al-Assad, et quand ? L'intégrité territoriale de la Syrie pourra-t-elle être maintenue, ou assistera-t-on à une division du pays en divers fiefs ? Saura-t-on s’assurer de la coopération des Iraniens et des Saoudiens ?

Ces impondérables ainsi que d’autres questions semblables risquent d’occuper les négociateurs durant une longue période. Mais entretemps, les massacres se poursuivent, avec déjà près d’un quart de million de morts, 4 millions de réfugiés ayant fui la Syrie (dont un grand nombre en Europe), entre 6 et 8 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, des milliers de civils assiégés, des milliers d'autres en détention, et d’innombrables personnes souffrant à travers le pays.

À ce jour, la réponse de la communauté internationale à cette misère sans fin a été de dire: « Nous négocierons la paix, et puis tout ira bien. » Mais cela fait près de cinq ans que le peuple syrien paye le prix de cette réponse insuffisante.

Au lieu de tout miser sur le difficile objectif que constitue un accord de paix, pourquoi ne pas faire de la protection des civils une haute priorité des pourparlers ? Mettre fin à la guerre n’est pas l’unique manière de protéger les hommes, les femmes et les enfants qui ne veulent aucunement participer à ce conflit. Ceci serait conforme aux principes fondamentaux des Conventions de Genève et du droit international humanitaire.

Lire la suite de cette tribune en anglais :

https://www.hrw.org/news/2015/11/13/if-no-quick-end-war-syria-can-be-found-least-protect-civilians

Scène de dévastation dans une rue d’Alep, en Syrie, le 7 mars 2014, suite à l’explosion de « bombes-barils » larguées, selon des militants locaux, par les forces du président Bachar al-Assad.

© 2014 Reuters