Des flammes jaillissent dans la cour de l'école Ghaleb Radi à Quseir (province de Homs), en Syrie, suite à l’explosion de sous-munitions incendiaires de type ZAB 2.5 manifestement larguées par les forces gouvernementales le 3 décembre 2012. Image extraite d’une vidéo mise en ligne sur YouTube.

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(Washington, le 5 novembre 2015) – Les États devraient prendre des mesures concrètes pour renforcer le droit international relatif aux armes incendiaires, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport diffusé aujourd’hui, en vue d’une réunion diplomatique consacrée aux armes incendiaires et à d’autres armes qui doit avoir lieu à Genève du 9 au 13 novembre 2015.

La question est urgente, au vu de des nombreux cas récents d’emploi de ces armes, qui causent des brûlures très douloureuses et difficiles à traiter, avec un risque important de séquelles physiques et psychologiques à long-terme, notamment lorsque les victimes sont défigurées.

Le rapport, intitulé « From Condemnation to Concrete Action » (« De la condamnation à l’action concrète »), passe en revue les développements relatifs aux armes incendiaires au cours des cinq dernières années. Il documente leur emploi avéré dans des pays comme la Syrie, la Libye et l’Ukraine, et rapporte leur emploi allégué au Yémen en 2015. Les auteurs examinent également l’évolution des politiques et des positionnements de divers pays au sujet de  l’emploi de ces armes.

« Les gouvernements expriment leurs inquiétudes et condamnent l’emploi des armes incendiaires depuis cinq ans, mais il est temps d’accomplir des progrès tangibles », a déclaré Bonnie Docherty, chercheuse senior auprès de la division Armes à Human Rights Watch. « Les États devraient saisir l’opportunité offerte par les prochaines réunions diplomatiques pour renforcer les dispositions juridiques qui limitent l’emploi de ces armes particulièrement cruelles. »

Un protocole (le Protocole III) à la Convention sur certaines armes classiques, un traité international, règlemente l’emploi des armes incendiaires. Malheureusement, il présente des failles importantes qui compromettent son efficacité et s’est donc avéré insuffisant pour empêcher le recours à ces armes.

Lors de la réunion des Etats parties qui doit avoir lieu la semaine prochaine à Genève, les participants devraient s’accorder pour initier des discussions afin de passer en revue le traité actuel, et préparer ainsi le terrain pour réviser le Protocole III lors de la Conférence d’examen qui a lieu tous les cinq ans et doit se tenir en décembre 2016.

Le rapport de Human Rights Watch report est co-publié par le Centre des droits humains de la faculté de droit de Harvard, où Bonnie Docherty enseigne.

Human Rights Watch présentera son rapport le 9 novembre 2015 de 14h à 15h, en marge de la réunion des États parties au Palais des Nations à Genève, salle de conférence XI.