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Israël / Palestine: Décès d’une femme palestinienne lié à un retard pris à un point de contrôle

Le blocage de routes menant à l’hôpital suscite des préoccupations liées à la liberté de circulation et au droit à la santé

(Jérusalem, le 22 octobre 2015) - Une femme palestinienne âgée de 65 ans et souffrant de problèmes respiratoires est décédée le 19 octobre, apparemment suite au retard pris dans le trajet vers son hôpital lié aux barrages routiers érigés par la police israélienne à Jérusalem-Est, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le blocage de certaines routes ainsi que le retard pris au poste de contrôle ont signifié que le trajet en voiture entre le domicile de cette femme et son hôpital, qui ne dure normalement qu’environ six minutes, a pris plus de 45 minutes.

L’absence apparente de mesures prises par les autorités israéliennes pour s’assurer d’une part que les routes menant directement à des hôpitaux demeurent accessibles, et d’autre part que les véhicules transportant des personnes souffrant d’urgences médicales puissent traverser les points de contrôle sans délai excessif, soulève des préoccupations liées à la violation de la liberté de circulation des résidents, ainsi que de leur droit à la santé.

« Le retard pris dans le trajet entre le domicile de Hoda Darwish et son hôpital soulève des questions sur le système de points de contrôle et de barrages routiers mis en place par les autorités israéliennes à Jérusalem-Est », a déclaré Sari Bashi, directrice de recherches sur Israël et la Palestine à Human Rights Watch. « La police israélienne est certes confrontée à de graves défis sécuritaires, mais les personnes en situation d’urgence médicale devraient être en mesure d'accéder rapidement à des soins médicaux. »

La police israélienne a commencé à mettre en place des postes de contrôle et des barrages routiers à Jérusalem-Est le 14 octobre, suite à une vague d’attaques – dont plusieurs à l’arme blanche – contre des civils israéliens et des membres de force de sécurité. Les autorités ont notamment installé des barrages routiers dans 10 quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, y compris celui d’Issawiya, où vivaiat Hoda Darwish.

Dans la soirée du 18 octobre, Hoda Darwish s’est plainte de problèmes respiratoires peu après l’explosion, près de son domicile, d’une bombe lacrymogène du type utilisé par les forces de sécurité israéliennes, selon le témoignage de ses deux fils Youssef et Kareem Darwish. Son état a empiré dans la nuit, et vers 3h30 le matin du 19 octobre, ses fils ont voulu la conduire à l'Hôpital Hassadah, situé à environ 1,5 kilomètre du domicile. Ce trajet, qui n’aurait dû prendre que six minutes selon les deux fils, a été fortement retardé.  Le certificat de décès émis par l'hôpital indique que Hoda Darwish est décédée à 4h50 de «  fibrillation ventriculaire prolongée » et d’« arrêt cardiaque subit ».

Les Palestiniens qui vivent à Jérusalem-Est ont le statut de résident, qui leur confère en principe le droit de se déplacer librement non seulement en Cisjordanie mais dans l’ensemble du territoire d’Israël. Ce droit peut être restreint en fonction d’objectifs sécuritaires légitimes, mais toute restriction doit être proportionnelle au danger sécuritaire, et tenir compte de l'impact sur les populations concernées. Les mesures discriminatoires qui visent de manière disproportionnée des communautés entières doivent être évitées. Le gouvernement israélien doit s’assurer qu’aucune entrave à la liberté de circulation ne viole d’autres droits, y compris celui d’accéder à des soins médicaux.

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2015/10/21/israel/palestine-woman-dies-after-checkpoint-delay

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