Le défenseur ouzbek des droits humains Azam Farmonov.

© Tolib Yakubov

(Bruxelles, le 29 mai 2015) - Les autorités ouzbèkes devraient procéder à la libération immédiate et sans condition du défenseur des droits humains Azam Farmonov, dont la peine de prison a été arbitrairement prolongée de cinq ans par un tribunal régional, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Selon des informations ayant filtré le 21 mai, ce jugement, basé sur de prétendues « infractions au règlement de la prison », aurait été rendu quelques jours avant la date prévisionnelle de la libération d’Azam Farmonov, le 29 avril. L'Union européenne et le Comité des Nations Unies contre la torture ont déjà appelé à la libération de Farmonov, mais le refus du gouvernement ouzbek de donner suite à cette demande illustre son mépris flagrant de ses obligations internationales relatives aux droits humains, selon Human Rights Watch.

« Azam Farmonov a déjà perdu neuf années de sa vie simplement pour avoir travaillé en faveur des droits humains en Ouzbékistan », a déclaré Steve Swerdlow, chercheur sur l’Asie centrale auprès de Human Rights Watch. « Suite au rajout cruel de cinq ans à sa peine de prison, le gouvernement ouzbek devrait subir des conséquences pour cette nouvelle aggravation de son bilan déjà déplorable en matière de droits humains. »

Azam Farmonov, 36 ans, père de deux enfants, était le directeur du bureau de Gulistan (région de Syrdaryo) de la Société ouzbèke des droits humains. Il défendait les droits des agriculteurs et des personnes handicapées, parmi d’autres personnes. Le 29 avril 2006, Azam Farmonov et Alisher Karamatov, un autre militant des droits humains, ont été arrêtés sur la base de fausses accusations d'extorsion. Il a été condamné à neuf ans de prison à la suite d’« aveux » extorqués sous la torture, et d’un procès entaché de graves violations de procédures régulières.

Le 21 mai, l’épouse d’Azam Farmonov, Ozoda Yakubova - dont le père, Tolib Yakubov, est un éminent défenseur ouzbek des droits humains qui vit en exil en France - a reçu un appel téléphonique d'un ancien codétenu de son mari, l’informant du jugement du tribunal régional concernant la prolongation de la peine de prison d’Azam Farmonov.

Human Rights Watch et d'autres organisations ont récemment appelé les membres du Conseil de droits de l'homme des Nations Unies – y compris des pays membres de l'UE – à créer le poste de Rapporteur spécial de l'ONU sur l’Ouzbékistan, qui serait chargé de rendre compte de la situation désastreuse des droits humains dans ce pays.

 

Communiqué intégral en anglais :
https://www.hrw.org/news/2015/05/28/uzbekistan-5-more-years-jailed-activist