Rassemblement d’une foule près des corps de manifestants tués le 13 mai 2005 à Andijan, en Ouzbékistan, au lendemain des événements connus par la suite sous le nom de « massacre d’Andijan ».

© 2005 Getty Images

(Genève, le 7 mai 2015) - À l’approche du 10e anniversaire du massacre d'Andijan en Ouzbékistan, l'Union européenne, les États-Unis et d'autres pays devraient appeler à la traduction en justice des personnes responsables et condamner les autres violations des droits humains dans ce pays, a recommandé Human Rights Watch dans une vidéo diffusée aujourd'hui .

Le 13 mai 2005, les forces gouvernementales ouzbèkes ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants, pour la plupart pacifiques, qui se trouvaient sur la place centrale d'Andijan, dans l'est de l'Ouzbékistan. Les manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre la pauvreté, le chômage ainsi que la répression exercée par le gouvernement, et pour appeler à des mesures prenant en compte ces revendications.

« Un climat de peur continue de sévir en Ouzbékistan », a observé Steve Swerdlow, chercheur sur l'Asie centrale auprès de Human Rights Watch. « Les habitants de ce pays savent que le simple fait de protester peut entraîner le risque d’être abattu en toute impunité. »

Dans les premières heures de la journée du 13 mai 2005, des hommes armés ont pris d’assaut une prison à Andijan et libéré 23 hommes d'affaires locaux qui avaient été condamnés pour « extrémisme religieux », puis se sont emparés de plusieurs bâtiments de l'administration locale. Des milliers de manifestants se sont ensuite rassemblés sur la place centrale. Peu après, les forces gouvernementales déployées dans des véhicules blindés ainsi que des tireurs embusqués ont tiré sans discernement sur la foule de civils et empêché les gens de fuir, tuant des centaines de personnes. Des troupes gouvernementales ont ensuite parcouru la place et exécuté des personnes blessées qui y gisaient.

Bien que les troupes aient tué des centaines de personnes, le gouvernement n’a officiellement reconnu qu’un nombre total de 187 victimes. En outre, le gouvernement soutient que 60 d'entre elles étaient des manifestants tués par les hommes armés, et que les autres étaient des hommes armés tués par les forces gouvernementales.

Les États-Unis et l'UE devrait selon Human Rights Watch appeler le gouvernement ouzbek à entreprendre des améliorations concrètes relatives aux droits humains selon un calendrier précis, et l’avertir clairement que des conséquences politiques s’ensuivront en cas de refus. Il pourrait notamment s’agir de mesures ciblées comme le refus de visas ou le gel d’avoirs à l’encontre de représentants du gouvernement suspectés d’être responsables de graves violations des droits humains, comme la torture, le prolongement arbitraire de peines de prison sur la base de motifs politiques, les violations de la liberté religieuse, ainsi que le travail forcé.

Les membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, y compris les États-Unis et plusieurs pays européens, devraient en outre faire valoir leurs préoccupations au sujet du bilan catastrophique de l'Ouzbékistan en matière de droits humains en créant le poste de rapporteur spécial chargé d’examiner la situation des droits humains dans ce pays.

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