La militante égyptienne Shaimaa al-Sabbagh, mortellement atteinte par un tir de chevrotine lors de l'intervention violente des forces de sécurité pour disperser un rassemblement pacifique au Caire, le 24 janvier 2015.

© 2015 Reuters

(New York, le 1er février 2015) – L’analyse de photos et de vidéos ainsi que des  témoignages recueillis indiquent fortement qu’un membre des forces de sécurité égyptiennes était responsable de la mort d’une manifestante abattue sur une place dans le centre du Caire le 24 janvier 2015, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Une vidéo examinée par Human Rights Watch montre un policier en uniforme qui  apparemment fait signe à un autre policier, masqué, qui tire ensuite sur un groupe composé d’une vingtaine de manifestants pacifiques que la police était en train de disperser alors qu’ils venaient de se rassembler sur la place Talaat Harb. On voit Shaimaa al-Sabbagh, 32 ans, tomber immédiatement après l’un des tirs. Elle est décédée peu après, de blessures dues à des tirs de « chevrotine » selon les autorités médicales. Plus tard dans la journée du 24 janvier, le Procureur général Hicham Barakat a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la mort de la jeune femme.

« Il est crucial que le Procureur général tienne son engagement de traduire en justice les responsables de la mort de Shaimaa al-Sabbagh », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Aux yeux du monde, il pourrait enfin s’agir d’une rupture avec l'impunité pour les violations des droits humains qui a entaché la justice égyptienne depuis le soulèvement de 2011. »

Human Rights Watch a interrogé quatre témoins de la fusillade, et a analysé 18 photographies ainsi que trois vidéos. Ces éléments de preuve indiquent que les forces de sécurité déployées sur la place Talaat Harb ce jour-là ont utilisé une force excessive afin de disperser un petit rassemblement pacifique organisé par l’Alliance populaire socialiste – un parti d’opposition – en recourant à des tirs de gaz lacrymogènes et de grenaille, apparemment sans avertissement.

Selon les Principes de base des Nations Unies sur l'utilisation de la force et des armes à feu par les responsables de l'application des lois, les forces de sécurité doivent recourir « autant que possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force » ou d'armes à feu. Lorsque l'usage légitime de la force est inévitable, les autorités doivent faire preuve de retenue et agir proportionnellement à la gravité de l'infraction. La force meurtrière ne peut être utilisée que lorsque cela est « absolument inévitable » pour protéger des vies humaines.

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