Jacqueline Moudeïna

© Victor Affaro

Le Prix Alison Des Forges décerné par Human Rights Watch salue le courage d’individus qui mettent leur vie en danger pour protéger la dignité et les droits d’autrui. Human Rights Watch collabore avec ces courageux défenseurs des droits humains pour créer un monde dans lequel les personnes puissent vivre sans violence, ni discrimination et oppression.

 

Jacqueline Moudeïna, avocate tchadienne et activiste des droits humains, dirige la campagne visant à traduire en justice l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, pour  que justice soit rendue à ses victimes. Hissène Habré, président du Tchad de 1982 à 1990, est accusé d’avoir commis des atrocités à grande échelle. Les archives de sa redoutée police politique, retrouvées par Human Rights Watch, révèlent les noms de 1 208 personnes mortes en détention et de 12 321 victimes de violations des droits humains. Après avoir été chassé du pouvoir, Hissène Habré a vécu paisiblement au Sénégal pendant 22 ans.

Jacqueline Moudeïna représente les victimes de Hissène Habré depuis 2000. Elle a pris des risques considérables en poursuivant les complices de l’ex-dictateur dont beaucoup sont désormais de hauts responsables au sein du gouvernement actuel. En 2001, Jacqueline Moudeïna a été grièvement blessée dans une tentative d’assassinat commanditée par un commissaire de police qu’elle avait accusé d’actes de torture commis pendant le régime Habré. Cela ne l’a pas dissuadée. En 2013, elle a remporté une importante victoire lorsqu’un tribunal spécial au Sénégal inculpa l’ancien dictateur pour crimes contre l’humanité, crimes de guerres et  torture. Le procès de Hissène Habré est prévu pour 2015.

Le travail de Jacqueline Moudeïna va bien au-delà de l’affaire Habré. En tant que présidente de l’Association tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme, l’une des principales organisations tchadiennes de défense des droits humains, elle joue un rôle proéminent sur les questions des droits des prisonniers, des conditions d’enfants bergers, des droits des femmes et de la corruption.

Human Rights Watch travaille étroitement avec Jacqueline Moudeïna et les victimes d’Hissène Habré, en développant le dossier juridique contre lui et en menant campagne pour la justice. Lorsque Habré a enfin été arrêté par le tribunal spécial au Sénégal en 2013, le New York Times a écrit « l’affaire s’est révélée inhabituelle du fait de la ténacité de ses victimes, et de Human Rights Watch, pour qu’il soit mené devant la justice ».

Human Rights Watch rend hommage à Jacqueline Moudeïna pour son engagement en faveur de la défense des victimes de Hissène Habré et de la protection des droits humains au Tchad.