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Le Burundi remue le couteau dans la plaie

Non content d’emprisonner le défenseur le plus éminent des droits humains du Burundi, Pierre Claver Mbonimpa, le gouvernement a interdit à ses collègues d’organiser une manifestation pacifique pour réclamer sa libération.

Pierre Claver Mbonimpa, qui n’est pas un militant ordinaire, a été arrêté le 16 mai après s’être exprimé à la radio à propos d’allégations selon lesquelles des jeunes Burundais recevaient des armes et un entraînement militaire. Il a été accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, maintenu en détention depuis plus d’un mois, mais il ne connaît toujours pas la date de son procès.

Pierre Claver Mbonimpa, âgé de 66 ans, est une personnalité très reconnue et appréciée qui a pris des risques personnels considérables pour défendre les droits d’autres personnes. Il a fondé l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH) après avoir lui-même été détenu dans les années 1990. L’APRODH est devenue depuis la principale organisation de défense des droits humains du Burundi.

Les organisations de la société civile ont fait campagne sans relâche pour sa libération. Au cours des dernières semaines, les radios et les médias sociaux ont été inondés de messages de solidarité. Des pétitions demandant sa libération circulent dans tout le Burundi. Et chaque vendredi a été déclaré « Vendredi vert », les organisateurs de la campagne demandant aux Burundais d’arborer du vert, couleur des uniformes portés dans les prisons du pays, pour exprimer leur soutien à Pierre Claver Mbonimpa.

Le gouvernement a ignoré ces appels, allant au contraire encore plus loin la semaine dernière. En effet, lorsque les organisations de la société civile ont informé les autorités qu’elles préparaient une manifestation pacifique en soutien à Pierre Claver Mbonimpa, le maire de Bujumbura l’a interdite, déclarant que cette manifestation « ne peut être acceptée puisqu’elle a un caractère insurrectionnel » et que personne n’a le droit d’influencer la justice. Les militants ont fait appel de cette décision auprès du ministre de l’Intérieur, mais ce dernier a également refusé, répondant aux organisations de la société civile qu’elles devraient laisser la justice faire son travail « au lieu de distraire le public. »

Le gouvernement burundais a déjà réprimé et interdit des manifestations à plusieurs reprises. Pierre Claver Mbonimpa a fait l’objet de harcèlement et de nombreuses menaces avant son arrestation, mais il a refusé d’interrompre son travail pour autant. D’autres militants et des journalistes ont également fait l’objet d’intimidations.

Les tentatives du gouvernement d’utiliser la manière forte pour étouffer les critiques ne devraient pas réussir. Les gouvernements bailleurs de fonds devraient s’exprimer publiquement contre ces mesures répressives. Et nous pourrions tous porter du vert le vendredi, en solidarité avec Pierre Claver Mbonimpa et d’autres militants burundais. 

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