Réserve de Tachie dans le nord de la Colombie-Britannique (Canada). En carrier, la langue autochtone parlée à Tachie, la traduction littérale du mot « police » est « ceux qui nous emmènent ». Un rapport de la Gendarmerie royale du Canada sur le rôle historique de la police sous le régime des pensionnats indiens a établi que « la police n’était pas perçue comme une source d’aide, mais plutôt comme une figure d’autorité qui emmenait les membres de la collectivité loin des réserves ou arrêtait les contrevenants ».

© 2012 Samer Muscati/Human Rights Watch

(Ottawa, le 31 janvier 2014) – Le gouvernement canadien devrait mettre en place une enquête nationale indépendante sur les violences subies par les femmes et les filles autochtones et créer un système pour lutter contre l’impunité en cas de mauvais traitements infligés par la police, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Des représentantes de Human Rights Watch ont témoigné le 30 janvier 2014 devant le Comité spécial sur la violence faite aux femmes autochtones à la Chambre des communes du Canada. Elles ont également exhorté les autorités à faire en sorte que les policiers soient tenus de rendre des comptes lorsqu’ils ont commis des abus.

« Lorsque des policiers commettent des abus ou lorsque la police ne leur assure pas une protection appropriée, les femmes, les filles et leurs familles n’ont que peu de recours », a indiqué Liesl Gerntholtz, directrice de la division des Droits des femmes au sein de Human Rights Watch. « La violence contre les femmes indigènes au Canada constitue une crise grave qui exige une enquête nationale. »

Les recherches de Human Rights Watch publiées en février 2013 ont montré les défaillances de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le nord de la Colombie-Britannique en matière de protection des femmes et filles autochtones contre les violences. Human Rights Watch a également documenté des comportements violents de la part de certains policiers à l’encontre de femmes et de filles autochtones, notamment l'usage excessif de la force ainsi que des agressions physiques et sexuelles. Les mécanismes de plaintes contre la police et les procédures de supervision au Canada sont inadaptés, et la législation n’impose pas d’enquêtes civiles indépendantes dans tous les cas où de graves abus policiers sont dénoncés.

Le Parlement a mis en place un comité spécial multipartite en février 2013 pour tenir des audiences sur la question des femmes indigènes disparues et assassinées et pour proposer des solutions visant à traiter les causes profondes de la violence à l’encontre des femmes autochtones.