© 2012 Human Rights Watch

(New York, le 25 novembre 2012) - Le gouvernement afghan devrait selon Human Rights Watch revenir sur son offre d’accorder à des dirigeants talibans une amnistie les protégeant de toute poursuite pour des crimes graves en échange de leur participation aux pourparlers de paix. Le président du Haut Conseil afghan pour la paix, Salahuddin Rabbani, a annoncé aux journalistes le 17 novembre que les responsables talibans ayant accepté de participer à ces négociations se verront accorder une immunité les mettant à l’abri de poursuites judiciaires ainsi que de sanctions décrétées par les Nations Unies.

« Les négociations du gouvernement afghan avec les talibans ne devraient pas reposer sur un déni de justice pour les victimes de crimes de guerre et d’autres abus », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch. « Les civils afghans ne devraient pas être obligés de choisir entre la justice et la paix. »

La semaine dernière, le gouvernement pakistanais a libéré neuf responsables talibans afghans incarcérés, suite à la demande formulée par une délégation du Haut-Conseil afghan pour la Paix lors d'une visite au Pakistan. La libération d’autres talibans emprisonnés au Pakistan, dont le nombre total est estimé à une cinquantaine, est également prévue conformément à la demande du Haut-conseil. Rabbani a décrit les talibans libérés comme des « citoyens afghans qui ont exprimé leur volonté de travailler pour la paix ».

Garantir l’immunité relative à des poursuites pour génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité ou d'autres violations des droits humains constitue toutefois une violation du droit international. Les traités internationaux, y compris les Conventions de Genève de 1949 que l'Afghanistan a ratifiées, ainsi que le droit international humanitaire coutumier, obligent toutes les parties à un conflit à s’assurer que les auteurs présumés de crimes graves seront traduits en justice. Tout individu suspecté de crimes de guerre et d’autres violations graves des droits humains doit faire l’objet d’une enquête et, le cas échéant, être traduit en justice.

L'ONU, Human Rights Watch et d'autres organisations ont rassemblé une quantité importante d'informations impliquant des talibans dans des crimes de guerre, y compris des attaques visant des civils, des attaques aveugles par le biais d’attentats-suicides ou de mines antipersonnel déclenchées par des plaques de pression, des exécutions sommaires, ainsi que le recours à des enfants soldats, y compris pour des attentats-suicides. Les commandants ayant ordonné des attaques illégales, ou qui savaient ou auraient dû savoir que leurs forces commettaient de graves abus sans prendre « toutes les mesures pratiquement possibles » pour les empêcher, sont passibles de poursuites pour crimes de guerre.

Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici.