(Berlin, le 31 mai 2012) – Les dirigeants de la France et de l'Allemagne devraient exhorter le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, à marquer le commencement de son troisième mandat présidentiel en faisant des droits humains une priorité, à la fois dans son pays et à l'extérieur, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Vladimir Poutine doit effectuer de courtes visites à Berlin et à Paris pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau président français François Hollande, le 1er juin 2012.

Human Rights Watch a appelé les dirigeants français et allemands à souligner la nécessité que les auteurs de violations des droits humains en Russie soient amenés à rendre des comptes et que Moscou abandonne ses positions contreproductives sur la Syrie. Ces questions devraient également occuper une place centrale lors du sommet entre la Russie et l'Union européenne qui se tiendra à Saint Petersbourg les 3 et 4 juin.

« Les questions relatives aux droits humains devraient figurer en bonne place à l'ordre du jour des discussions lors des premières visites officielles de Vladimir Poutine depuis son retour à la présidence », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Pour conserver la confiance de ses interlocuteurs européens, Vladimir Poutine doit être interpellé sur le problème des responsabilités pour les violations des droits humains commises en Russie, ainsi que sur la position de son pays dans la crise qui continue d'empirer en Syrie. »

Angela Merkel et François Hollande devraient exhorter le président Poutine à aborder un certain nombre de questions fondamentales relatives aux droits humains en Russie, a affirmé Human Rights Watch. Vladimir Poutine devrait faire en sorte que les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme relatives à la Tchétchénie soient pleinement mises en œuvre, et promouvoir l'indépendance du système judiciaire russe. Il devrait également encourager la création d'un environnement de travail normal pour les organisations de la société civile et signaler de façon claire la nécessité que des enquêtes sérieuses soient menées sur les meurtres de militants des droits humains et de journalistes, comme Anna Politkovskaya et Natalia Estemirova, et s’assurer que les responsables soient amenés à en répondre devant la justice.

Human Rights Watch a également appelé Angela Merkel et François Hollande à aborder de manière prioritaire, dans leurs entretiens avec Vladimir Poutine, la crise des droits humains en Syrie, y compris la proposition française de saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Syrie.

Depuis le début du soulèvement en Syrie en 2011, plus de 10.000 personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d’autres personnes ont été blessées, emprisonnées, torturées ou soumises à des disparitions forcées dans les villes de Houla, Deraa, Homs, Idlib, et Rastan. La Russie devrait d’une part exiger que la Syrie donne plein accès à la commission d'enquête des Nations Unies pour lui permettre d'effectuer des investigations criminelles sur ces violations des droits humains, et d’autre part appuyer l'imposition par l’ONU de sanctions visant les responsables de ces atrocités, a ajouté Human Rights Watch.