Le journaliste pakistanais Syed Saleem Shahzad, assassiné en mai 2011.

© 2011 Reuters

(New York, le 30 janvier 2012) - Le gouvernement pakistanais doit redoubler d'efforts pour trouver les meurtriers du journaliste Saleem Shahzad, après l'échec de la commission d'enquête judiciaire qui avait été chargée d’identifier les responsables, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. La Commission a noté dans son rapport remis au gouvernement  le 10 janvier que la police a omis d’interroger les fonctionnaires des services pakistanais du renseignement militaire dans le cadre de son enquête criminelle.

Shahzad, un journaliste qui travaillait pour le site Asia Times Online,  basé à Hong Kong, ainsi que pour l’agence de presse italienne Adnkronos International, avait été enlevé dans le centre d'Islamabad dans la soirée du 29 mai 2011. Son corps, portant des signes visibles de torture, a été découvert le 31 mai, près de Mandi Bahauddin, à 130 kilomètres au sud-est de la capitale. Les circonstances de son enlèvement a suscité des préoccupations quant à une éventuelle implication de la redoutée agence de renseignement militiaire Inter-Services Intelligence (ISI). En juin 2011, la Cour suprême pakistanaise, à la demande du gouvernement, avait établi une commission d'enquête sur le meurtre.

« L'échec de la commission d’enquête qui devait faire la lumière sur le meurtre de Shahzad illustre la capacité de l'ISI à se maintenir hors d’atteinte du système de justice pénale du Pakistan », a observé Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch. « Le gouvernement a toujours la responsabilité d'identifier les individus ayant causé la mort de Shahzad, et de les traduire en justice, quels qu’ils soient. »

L'ISI a souvent recouru dans le passé à des enlèvements, à des actes de torture et à des exécutions extrajudiciaires de détracteurs de l'armée et d'autres personnes, dont des journalistes, ainsi que l’ont documenté Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits humains.

Le 19 octobre 2010 et à d’autres reprises, Shahzad avait envoyé à Human Rights Watch et à d’autres organisations des courriels faisant état de menaces proférées à son encontre par l’ISI.

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