Un membre des forces de sécurité syriennes patrouille à Homs, l’une des villes où la répression des manifestants par le gouvernement a été la plus violente.

© Yin Bogu/Xinhua-Landov

(New York, le 27 décembre 2011) - Les autorités syriennes ont transféré selon toute probabilité des centaines de détenus vers des sites militaires interdits aux observateurs de la Ligue arabe qui sont arrivés dans le pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. La Ligue arabe devrait insister sur le plein accès à tous les sites utilisés pour la détention de personnes arrêtées, conformément à son accord conclu avec le gouvernement syrien.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, cité par le quotidien britannique The Independent le 21 décembre, avait affirmé que les observateurs internationaux seraient libres de se déplacer dans tout le pays « sous la protection » du gouvernement, mais ne seraient pas autorisés à visiter certaines sites militaires jugés « sensibles ».

« Le gouvernement syrien a montré qu'il ne reculera devant rien pour entraver la surveillance indépendante de la répression qu’il exerce », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « La Ligue arabe doit réagir à ce subterfuge et insister clairement sur un accès complet à tous les détenus. »

Un membre des forces de sécurité syriennes à Homs a confié à Human Rights Watch qu'après la signature par le gouvernement du protocole d’accord avec la Ligue arabe, le 19 décembre, le directeur de l’une des prisons dans cette ville a donné l’ordre de procéder à un transfert irrégulier de détenus. Selon cette source, les 21 et 22 décembre, entre 400 à 600 détenus ont été transférés vers d’autres lieux de détention auxquels les observateurs internationaux n’auraient pas accès – notamment un centre militaire de fabrication de missiles situé à Zaidal, dans la périphérie de Homs.

Ce témoignage concorde avec d’autres témoignages recueillis par Human Rights Watch en Syrie.

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