Un policier kazakh tire un coup de feu en l'air afin de disperser des manifestants rassemblés dans le centre de Janaozen, dans l'ouest du Kazakhstan, le 16 décembre 2011.

© 2011 Associated Press

Mise à jour 22.12 : allégations de tortures et de mauvais traitements (en anglais).

(Moscou, le 17 décembre 2011) – Les autorités kazakhes devraient respecter rigoureusement les normes relatives aux droits humains alors qu’elles tentent de rétablir l'ordre dans la ville de Janaozen, dans l'ouest du pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Un violent affrontement entre la police et des civils a eu lieu le 16 décembre sur la place principale de la ville, lieu d'une manifestation pacifique d’employés grévistes d’OzenMunaiGas, une filiale de la compagnie pétrolière et gazière nationale KazMunaiGas, Ces heurts auraient fait de nombreux morts et blessés.

« Même en temps de troubles et de violence, toute opération policière visant à rétablir l'ordre doit être menée en évitant de recourir à une une force excessive », a rappelé Mihra Rittmann, chercheuse sur l’Asie centrale à Human Rights Watch. « Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des conclusions sur ce qui s'est passé exactement à Janaozen, les autorités kazakhes sont tenues de respecter les règles et normes internationales concernant l'utilisation de la force meurtrière. »

Le gouvernement a apparemment coupé l'accès à certains réseaux de téléphonie mobile et à des sites comme Twitter à Zhanaozen. En fin d'après-midi, Human Rights Watch n’a plus été en mesure de joindre les travailleurs grévistes par téléphone ou par d’autres moyens.

« Sans moyen de communiquer avec le monde extérieur, les habitants de Janaozen sont extrêmement vulnérables », a observé Mihra Rittmann.

Un communiqué du Parquet général de Kazakhstan a évoqué des « perturbations massives dues à des actions criminelles » instiguées par une « bande de voyous ». Ce communiqué a confirmé les informations préliminaires faisant état de 10 morts et de nombreux blessés, y compris des policiers.

Selon le droit international, les autorités peuvent utiliser la force létale uniquement en dernier recours et avec retenue. En vertu des Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois, les forces de l’ordre doivent recourir dans la mesure du possible à moyens non violents avant faire usage de la force et des armes à feu. Lorsque l'usage légitime de la force et des armes à feu est inévitable, les responsables de l'application des lois sont tenus de faire preuve de « modération » et d’agir proportionnellement à la gravité de l'infraction. L'objectif légitime doit être atteint avec un minimum de dommages et de blessures, avec l’objectif de « respecter et de préserver la vie humaine » (article 5).

Précédemment à Aktau, le 8 août, l’avocate Natalia Sokolova avait été condamnée à six ans de prison après avoir été jugee coupable d'incitation à la discorde sociale ; elle s’était entretenue avec des employés de KarazhanBasMunai,une autre compagnie pétrolière dans l'ouest du Kazakhstan, au sujet de questions de disparité salariale.

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