(Beyrouth, le 16 décembre 2011) - La Cour suprême d'Arabie saoudite devrait annuler le verdict de double amputation prononcé contre six hommes apatrides, jugés coupables de vol à main armée et condamnés à l'amputation d’une main et d’un pied, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Cet appel a été lancé dans une lettre adressée à la Commission saoudienne des droits de l'homme. Ce verdict constitue une forme de torture interdite selon le droit international.

Human Rights Watch a exhorté la Commission saoudienne des droits de l'homme à faire pression pour l’annulation de la sentence - l'amputation de la main droite et du pied gauche - ainsi que la tenue d’un nouveau procès.

« L’amputation de mains et de pieds constitue tout simplement une forme de torture », a rappelé Christoph Wilcke, chercheur senior sur le Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Tout acte de torture sanctionné par un tribunal est odieux, et ce verdict, s'il était confirmé, témoignerait d'une politique d'État en Arabie saoudite cautionnant le recours à la torture. »

L’un des six hommes condamnés, Amir Iyada, a indiqué à Human Rights Watch que le juge Abd al-Aziz Al-el-Cheikh du Tribunal de Riyad a prononcé son verdict à l’issue de seulement deux séances ayant duré chacune moins d’une heure. Le juge avait auparavant refusé aux accusés, des apatrides d’origine irakienne et syrienne, le droit de se faire représenter par un avocat.

Iyada a en outre affirmé à Human Rights Watch que quatre représentants du département d'enquêtes criminelles de Riyad l'ont torturé durant une période de 10 jours après son arrestation à la mi-octobre 2010, pour le forcer à avouer. « Ils m'ont frappé à coups de poing, avec des câbles électriques et avec des bâtons sur tout mon corps, pendant des heures, chaque jour », a-t-il indiqué.

La charia (loi islamique) charia ne fait pas l’objet d’un code en ce qui concerne les affaires pénales en Arabie saoudite, ce qui donne aux juges une latitude considérable pour qualifier certains actes de crimes et pour prononcer des peines.

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