Le soldat israélien Gilad Shalit peu après sa libération par le Hamas, entouré (de gauche à droite) du ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son père Noam. Les retrouvailles ont eu lieu à la base aérienne de Tel Nof, au sud de Tel Aviv, le 18 octobre 2011.

© 2011 Reuters

(Jérusalem, le 18 octobre 2011) - Israël et le Hamas devraient donner suite à l'échange de prisonniers récemment annoncé en prenant des mesures visant à renforcer leurs politiques relatives aux  droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Israël devrait mettre fin au blocus punitif imposé à la bande de Gaza, que les dirigeants israéliens ont justifié  en partie dans le passé en expliquant qu’il s’agissait d’un moyen de pression sur le Hamas afin d’obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en 2006. Ce blocus dépasse largement l’imposition d’un embargo sur la livraison d’armes au Hamas.  En outre, le Hamas tout comme le gouvernement israélien devraient s'assurer que toute personne détenue sous leur autorité est traitée avec humanité.

« L'échange de prisonniers entre Israël et le Hamas devrait marquer le début d'une ère nouvelle dans laquelle les deux camps respectent les droits humains fondamentaux », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Israël devrait mettre un terme à la souffrance de la population civile de Gaza causée par le blocus punitif de cette région, et le Hamas devrait mettre fin aux exactions subies par les détenus sous son contrôle, qu'ils soient israéliens ou palestiniens. »

Selon des responsables du Hamas et d'Israël, l'accord prévoit la libération par Israël de 477 prisonniers palestiniens le 18 octobre, puis d’un deuxième groupe de 550 prisonniers dans deux mois, après la libération du sergent Shalit. Le cabinet israélien a voté en faveur de cet échange le 12 octobre.

Human Rights Watch a dénoncé à maintes reprises (notamment en 2009, en 2010 et en 2011) la détention prolongée au secret de Shalit par Hamas, en tant que traitement cruel et inhumain pouvant s’apparenter à une forme de torture. Human Rights Watch a en outre appelé le Hamas dans le passé à mettre fin aux meurtres d’opposants palestiniens ainsi qu’aux actes de torture. Depuis trois ans, le Hamas refuse d’autoriser la Commission indépendante palestinienne pour les droits de l’homme à visiter les centres de détention gérés par ses services de sécurité interne. En septembre 2011, la Commission a publié un rapport sur six allégations de torture qu’auraient subi des personnes détenues par le Hamas. Human Rights Watch a appelé le Hamas à autoriser la Commission à se rendre dans ses centres de détention.

Human Rights Watch a par ailleurs souligné qu’Israël interdit pratiquement toutes les exportations en provenance de Gaza, ce qui a considérablement nui au redressement économique de cette région. En raison du faible niveau du revenu par habitant, 51 pour cent  des résidents de Gaza ne sont pas en mesure d’acheter suffisamment de nourriture, selon les agences humanitaires des Nations Unies. Depuis l’arrivée au pouvoir de Hamas dans la bande de Gaza en juin 2007, Israël a refusé à plusieurs reprises aux résidents de cette région le droit de visiter des membres de leurs familles détenus dans des prisons israéliennes.  Selon le Comité international de la Croix-Rouge, plus de 700 familles de Gaza sont concernées par cette interdiction. Il s’agit d’une violation du droit des prisonniers – en vertu du droit international - à bénéficier de visites familiales.

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