Marche silencieuse de femmes saoudiennes portant des bougies symbolisant des prisonniers dont elles ont demandé la libération, le 14 avril 2011.  Cette marche s'est déroulée à Qatif, dans une région majoritairement chiite dans l'ouest du pays.

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(New York, le 3 mai 2011) - Le ministre de l'Intérieur saoudien devrait immédiatement libérer Fadhil Makki al-Manasif, un militant des droits humains arrêté le 1er mai à Awwamiyya (Province orientale) après avoir participé à des rassemblements pacifiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Cette arrestation fait suite à la promulgation d'un décret royal amendant la loi sur la presse et des publications et restreignant davantage le droit à la liberté d'expression en Arabie Saoudite, ainsi qu'à l'arrestation d'au moins 20 autres manifestants pacifiques dont deux blogueurs.

« Les dernières arrestations de dissidents pacifiques ont effectivement gelé le climat de réforme en Arabie saoudite », a commenté Christoph Wilcke, chercheur senior sur le Moyen-Orient à Human Rights Watch. « La famille royale saoudienne n'a donné aucune indication qu'elle serait prête à assouplir sa mainmise absolue sur le droit d'exprimer des opinions politiques dans ce pays. »

Al-Manasif, âgé de 27 ans, avait écrit au sujet des violations des droits humains en Arabie saoudite, en particulier contre la minorité chiite, au cours des deux dernières années. Son arrestation porte à au moins 145 le nombre de manifestants arrêtés depuis le mois de février, selon un militant des droits humains saoudien interrogé par Human Rights Watch.

La famille Al Saoud règne sur l'Arabie Saoudite comme une monarchie absolue. Il n'y a ni élections aux institutions publiques, ni aucune forme effective de participation populaire au processus politique. Au début du mois de mars, le ministère de l'Intérieur, dirigé par le prince Nayef ben Abd al-Aziz, ainsi que le Conseil supérieur des oulémas (« docteurs de la foi » chargés d'interpréter la loi), ont réitéré l'interdiction de toute manifestation.

Le 29 avril, le roi Abdallah bin Abd al-Aziz a promulgué un décret amendant la loi de 2000 sur la presse et les publications, restreignant davantage le droit à la libre expression. Le décret interdit de publier tout texte qui « contredit les décisions de la charia islamique [la loi] ou la réglementation en vigueur », ou tout texte qui « appelle à perturber la sécurité du pays, ou l'ordre public, ou sert des intérêts étrangers en contradiction avec l'intérêt national ». Le décret interdit en outre tout texte qui « attise le sectarisme ou qui renforce les divisions entre les citoyens », et qui « nuit aux affaires publiques dans le pays ». Le décrit interdit en outre de porter atteinte à « la réputation et la dignité » du grand mufti, des membres du Conseil supérieur des oulémas, ou de tout autre représentant du gouvernement, et de publier sans autorisation officielle préalable des informations sur des procès ou enquêtes judiciaires.

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