Les funérailles d'un manifestant syrien tué à Deraa, dans le sud du pays, le 20 mars 2011 (image issue d'une vidéo filmée par un témoin).

© 2011 Reuters

(Londres, le 25 mars 2011) - Les forces de sécurité syriennes devraient immédiatement cesser d'utiliser des balles réelles contre des manifestants dans la ville de Deraa, dans le sud du pays, où le nombre de morts a considérablement augmenté au cours des 48 dernières heures, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le gouvernement devrait aussi libérer sans délai toutes les personnes détenues alors qu'elles manifestaient pacifiquement ou cherchaient à exercer leur droit d'exprimer leurs opinions.

Une organisation syrienne de défense des droits humains a publié une liste de 36 personnes tuées à  Deraa et dans les environs depuis le début des manifestations le 18 mars. Selon une source à l'hôpital principal de Deraa interrogée par Reuters le 24 mars, les corps d'au moins 37 manifestants tués ont été transportés à cet hôpital.

 « Les forces de sécurité syriennes font preuve du  même mépris cruel pour la vie des manifestants que leurs homologues en Libye, en Tunisie, en Égypte, au Yémen et à Bahreïn », a observé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les promesses du président Bachar al-Assad sur d'éventuelles réformes sonnent creux quand ses propres forces de sécurité abattent des citoyens réclamant de telles reformes. »

Le mercredi 23 mars, vers une heure et demie du matin, les forces de sécurité syriennes ont pris d'assaut la mosquée al-Omari de Daraa, où les manifestants s'étaient rassemblés depuis le 18 mars. Selon les témoignages de deux résidents de Deraa recueillis par Human Rights Watch, les forces de sécurité ont employé des gaz lacrymogènes et tiré à balles réelles. L'un des deux témoins, qui se trouvait à 25 mètres de la mosquée lors de l'assaut, a affirmé avoir vu des cadavres dans la rue. La conversation téléphonique a été interrompue par des tirs répétés.

Deux militants syriens des droits de l'homme ont indiqué que sept manifestants y compris un enfant, Ibtisam al-Musalema, ont été tués au cours de cette attaque.

Les forces de sécurité ont par ailleurs arrêté ou provisoirement détenu plusieurs journalistes qui ont décrit les événements à Deraa, ainsi que des militants qui avaient appelé sur Internet à de nouvelles manifestations.

Le 22 mars à Sehnaya, une banlieue de Damas, les services de sécurité ont arrêté Louay Hussein, un écrivain et activiste politique qui avait rédigé des articles en ligne soutenant les manifestations et les demandes de réformes. Mazen Darwish, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, a été interrogé par les services de sécurité  durant deux journées d'affilée, les 22 et 23 mars. Les deux hommes ont été libérés le 24 mars.

Des militants syriens des droits humains ont également fourni à Human Rights Watch une liste de neuf personnes qui ont été arrêtées, suite apparemment à des messages qu'ils avaient mis en ligne sur Facebook appelant à de nouvelles manifestations. L'Observatoire syrien des  droits de l'homme a indiqué que le 20 mars, les forces de sécurité ont arrêté Rami Sulayman dans la ville de Dael, située près de Deraa, suite à un entretien téléphonique avec la chaîne de télévision BBC Arabic au cours duquel il a décrit la situation dans cette région.

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