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UNESCO : Le Conseil exécutif devrait annuler le Prix portant le nom du dictateur Obiang

La corruption du leader équato-guinéen et les abus commis sous sa présidence ternissent cette récompense

(Washington, le 5 octobre 2010) - L'UNESCO devrait profiter de la prochaine réunion de son Conseil exécutif  en octobre pour annuler son Prix portant le nom du Président de la Guinée équatoriale et financé par ce dernier, ont déclaré aujourd'hui Human Rights Watch et plusieurs organisations partenaires.

Parmi les organisations partenaires figurent Asociación Pro Derechos Humanos de España, Center for Economic and Social Rights, EG Justice, Freedom House, Global Witness, ainsi que Open Society Justice Initiative.

« Les violations des droits humains commises par le Président Obiang, ainsi que le climat de corruption qu'il a instauré, sont à l'antithèse de la mission et des valeurs de l'UNESCO », a déclaré Tutu Alicante, Directeur exécutif de l'organisation de défense des droits humains EG Justice. « Cet argent devrait bénéficier aux citoyens de Guinée équatoriale, et non cautionner un dictateur qui a piétiné leurs libertés fondamentales et moyens de subsistance. »

Doté de trois millions de dollars, le  Prix International Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie a été créé en 2008 mais suspendu en juin dernier en raison d'une vague mondiale de protestation. D'éminentes personnalités africaines, des scientifiques, des lauréats du prix Nobel, des lauréats de prix décernés par l'UNESCO, des organisations de la société civile à travers le monde ainsi que plusieurs gouvernements ont font part de leurs vives préoccupations au sujet du Prix Obiang.

« Des enquêtes menées en Espagne, en France et aux États-Unis ont révélé de sérieuses allégations de corruption à l'encontre du Président Obiang et des membres de sa famille », a rappelé Ken Hurwitz, principal conseiller juridique auprès d'Open Society Justice Initiative. « Il y a un risque important que l'UNESCO accepte de l'argent sale en s'associant avec ce Prix ».

L'UNESCO a elle-même reconnu ne pas disposer de mécanismes permettant d'éviter le blanchiment d'argent,  et s'abstient d'enquêter sur l'intégrité des donateurs individuels. Ce manque de surveillance pourrait conduire à ce que l'organisation se trouve impliquée dans des pratiques de corruption.

Divers activistes ont enjoint à l'UNESCO d'adopter les normes internationales relatives à la prévention du blanchiment d'argent.

La Conseil exécutif  de l'UNESCO est censé se réunir à Paris du 5 au 21 octobre 2010.

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