Le gouvernement tunisien doit libérer le journaliste Abdullah Zouari immédiatement et sans condition, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Zouari a été arrêté après avoir prêté son concours à une mission de recherche de Human Rights Watch dans le sud de la Tunisie.

Zouari, qui se trouve actuellement en prison à Harboub, a dû faire face à un harcèlement constant depuis qu'il a fini de purger une peine de 11 ans de prison en juin 2002. Initialement sa condamnation comprenait une peine supplémentaire de cinq ans de " contrôle administratif ". Après avoir été relâché le Ministère de l'intérieur a alors ordonné sa réclusion à Zarzis, une petite ville a l'extrême sud de la Tunisie, loin de sa famille à Tunis. Zouari a fait appel et attend que son appel soit examiné.

Zouari a été arrêté le 17 août à Ben Guerdane, une ville de marché près de Zarzis. Il doit comparaître devant le juge de canton vendredi 22 août. Il est accusé d'avoir quitté Zarzis sans la permission de la police. Mais ceci ne semble pas être l'unique raison. Début Août, malgré les avertissements de la police de ne pas entrer en contact avec les média étrangères et les employés d'organisations pour les droits de l'homme, il aurait aidé un chercheur de Human Rights Watch en mission dans le sud tunisien à rencontrer des victimes d'abus de droits de l'homme. Apparemment leurs déplacements étaient surveillés par des policiers en civil.

" La véritable raison de son arrêt est son inlassable détermination à se battre pour ses droits et ceux des autres " a déclaré Hanny Megally, Directeur Exécutif de la Section Moyen Orient-Afrique du Nord de Human Rights Watch. " Le Tunisien qui ose critiquer le manque de libertés politiques sous le Présidant Ben Ali doit s'attendre à être harcelé et encore bien davantage. Il prend un double risque s'il est ancien prisonnier politique. Abdullah Zouari doit être relâché et autorisé à vivre et travailler où il veut et à parler sans restriction ".

Zouari écrivait pour Al-Fajr, un journal qui n'existe plus et qui était lié au parti Nahdha (Renaissance) aujourd'hui interdit. Il a purgé 11 ans de prison pour avoir été " membre d'une organisation illégale ". Il a été libéré en juin 2002 pour être arrêté deux mois plus tard et condamné à huit mois de prison pour avoir enfreint son injonction de contrôle administratif. Zouari avait purgé seulement deux mois de sa peine avant sa mise en liberté en novembre 2002 pour " raisons humanitaires ". Le mois dernier Zouari était déclaré coupable et condamné à quatre mois de prison pour " diffamation " à la suite d'une querelle avec le propriétaire d'un café Internet qui, selon Zouari, l'aurait empêché d'entrer. Zouari a fait également appel à cette décision.