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Bush doit faire ce qu’il faut en Afrique

Sur le continent africain, que le Président Bush traverse pour la première fois cette semaine, les États-Unis ne prennent pas les devants.

Deux sinistres majeurs qui assaillent actuellement l’Afrique demandent l’attention des États-Unis: un en Afrique de l’Ouest, qui a commencé au Liberia et a débordé sur la Côte d’Ivoire; et un dans la vaste République Démocratique du Congo, où près de trois millions de personnes sont mortes du fait des cinq années de guerre civile. Les États-Unis n’ont pas fait grand chose pour résoudre l’un ou l’autre de ces conflits, restant suspicieux face au maintien de la paix de l’ONU et n’étant pas prêt à engager leurs ressources politiques et financières.

Dans les deux cas, les Français ont pris la tête, envoyant des troupes de maintien de la paix en Ituri, province Nord-Est du Congo, et en Côte d¹ Ivoire - réponse qui peut sembler être insuffisante, mais qui au moins reconnaît la sévérité de ces crises. L’administration Bush réfléchit à présent à la question de savoir si elle va rompre avec cette habitude et envoyer des troupes américaines au Liberia, ou si elle ne fera que supporter les efforts de l’ECOWAS.

Ces deux conflits ont sincèrement besoin de l’engagement des États-Unis. Le Liberia a été établi par d’anciens esclaves américains, et le refus des États-Unis d’intervenir en 1990 a contribué à la descente du pays vers des conflits sanglants. Le Président libérien, Charles Taylor, a récemment été mis en examen par un tribunal international pour son rôle dans la préparation d’une guerre civile dans la Sierra Leone voisine. D’après les recherches de Human Rights Watch, les combattants libériens ont été des hommes armés à louer en Côte d’Ivoire, contribuant au glissement vers le conflit d’un pays qui a été un jour le plus prospère de la région.

Au cours de ce voyage, des leaders africains voudront savoir ce que Washington compte faire à propos des crises en Afrique de l’Ouest. Les troupes britanniques ont pacifié la Sierra Leone deux ans plus tôt après dix ans de guerre civile brutale. Que fera l’équipe Bush à propos du Liberia?

Les responsabilités des Etats-Unis

Pendant ce temps le gouvernement américain a également des responsabilités uniques dans la crise au Congo. Deux des pays les plus engagés dans le conflit, le Rwanda et l’Ouganda, sont deux des plus proches alliés de Washington sur le continent. Ces deux pays ont envahi le Congo et occupé une partie de l’Est. Dans la région de l’Ituri, qui a été occupé par l’Ouganda et où le Rwanda a également été engagé, des tensions ethniques ont conduit à des centaines, si ce n’est des milliers de mort au cours de ces dernières semaines. Le Rwanda et l’Ouganda ont désormais rappelé leurs troupes. Mais un nouveau rapport de Human Rights Watch, paru cette semaine, montre comment chaque pays a assisté les milices ethniques qui sont aujourd’hui derrière le massacre.

Voici un terrain sur lequel les États Unis devraient s’engager, mais c’est la force multinationale menée par la France qui fait l’information. Les américains ont longtemps apporté un soutient solide à l’Ouganda, en partie dû au fait de son succès dans le développement économique et dans le combat contre le VIH/SIDA. Le Rwanda a également reçu une assistance significative des États-Unis, plus particulièrement depuis le génocide de 1994.

Jusqu’à présent les officiels américains ont été récalcitrants quant à délivrer des messages publics à propos des abus faits aux droits humains en Ouganda et au Rwanda. Le Président Bush devrait aller au-delà des réprimandes privées et appeler publiquement les gouvernements ougandais, rwandais et du Congo à ne fournir aucune assistance militaire ou financière aux groupes armés en Ituri qui sont responsables de violations massives des droits humains. Il devrait clairement énoncer que les États-Unis utiliseront leur rôle de leader mondial pour demander la fin des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Ituri.

L’administration Bush n’a peut être pas la possibilité de signaler un nouveau leadership dans ces deux horribles conflits. Mais elle doit faire connaître son leadership concernant la question du VIH/SIDA, et à ce propos l’administration mérite le crédit d’en avoir fait une des priorités clef de la politique américaine en Afrique. La question est désormais de savoir comment les fonds de prévention seront utilisés.

Des pressions venant de groupes religieux conservateurs menacent de fausser les engagements importants des américains concernant le SIDA en s’appuyant sur le programme « d’abstinence » que l’équipe Bush a lourdement promu dans des endroits tel que le Texas. De tels programmes détournent l’attention des messages de prévention plus larges qui peuvent sauver des vies de manière probante, incluant la promotion du port du préservatif. Les programmes d’abstinence mettent en péril les efforts de prévention contre le SIDA aux États Unis -et sont hors des réalités avec l’épidémie de SIDA en Afrique.

Les initiatives de Bush concernant le SIDA prouvent qu’il veut être le leader sur des thèmes qui touchent l’Afrique, et sa récente déclaration sur l’Afrique indique une volonté d’utiliser une plus grande influence américaines dans les crises africaines. Mais pendant qu’il sera entrain de voyager en Afrique cette semaine, le Président américain va rencontrer des millions de personnes attendant plus que des discours.

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