(New York, 13 novembre 2001) Human Rights Watch a accueilli aujourd'hui avec satisfaction l'annonce qu'un nouveau traité interdisant l'utilisation d'enfants dans les combats entrera en vigueur, au début de l'année prochaine. Avec la ratification de la Nouvelle Zélande le 12 novembre, dix pays ont maintenant ratifié le traité qui prendra effet le 12 février 2002.

"Ceci représente une avancée majeure en faveur de la fin du recours aux enfants soldats", a déclaré Jo Becker, directrice de la communication extérieure à la Division Droits de l'Enfant de Human Rights Watch. "Le consensus en train de se constituer autour de l'idée que les enfants ne sont pas des instruments de guerre acceptables s'appuie maintenant sur une loi internationale ayant force d'obligation."

Le traité est un protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant la participation des enfants aux conflits armés. Il interdit la participation des enfants de moins de dix-huit ans aux conflits armés, leur recrutement forcé ou la conscription.

Environ 300 000 enfants de moins de dix-huit ans servent actuellement dans des conflits armés touchant approximativement 40 pays dans le monde. Les pays les plus affectés sont l'Angola, la Birmanie, la Colombie, la République Démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Sri Lanka et l'Afghanistan. Dans ce dernier pays, des rapports récents évoquent le recrutement et l'utilisation d'enfants comme soldats tant par les talibans que par les forces de l'Alliance du Nord.

"En Colombie, des paramilitaires soutenus par le gouvernement recrutent des enfants de huit ans," a déclaré Becker. "En République Démocratique du Congo, des enfants sans armes ont été envoyés à l'avant de troupes plus âgées pour essuyer le feu de l'ennemi. Au Sri Lanka, des enfants ont été envoyés dans des missions suicides. Au nord de l'Ouganda, des gamins sont contraints à frapper à mort d'autres enfants qui essaient de s'échapper. L'interdiction de ces abus était attendue depuis longtemps."

Human Rights Watch est l'un des membres fondateurs de la Coalition pour Interdire l'Utilisation d'Enfants Soldats, lancée en 1998. Dans le cadre de sa campagne pour une interdiction mondiale de l'utilisation d'enfants soldats, la coalition a organisé une série de conférences régionales à large visibilité, a publié des résultats de recherche sur les pratiques de recrutement dans plus de 180 pays et construit un réseau mondial de campagnes et de partenaires dans quarante pays. Le Protocole a été adopté par l'Assemblée Générale des Nations Unies, le 25 mai 2000. A ce jour, quatre-vingt-sept pays ont signé le Protocole. Les dix pays qui l'ont ratifié sont le Canada, le Bangladesh, le Sri Lanka, l'Andorre, le Panama, l'Islande, la Roumanie, le Saint Siège, la République Démocratique du Congo et la Nouvelle Zélande.

"Ces dix pays ont fait preuve de vraies qualités de meneurs," a déclaré Becker. "Nous encourageons tous les autres gouvernements à suivre leur exemple et à ratifier le Protocole aussi rapidement que possible."