Droits humains : l'actualité à suivre aujourd'hui
France: Expulsion d'une femme vers l'Erythrée | Mozambique: Entraves à l'éducation des enfants atteints d'albinisme | Russie: Une manifestation contre les violences policières... réprimée par la police à Moscou | Gaza: Attaques illégales lors des affrontements en mai et riposte d'Israël aujourd'hui contre un tir de roquette | Mali: Le pays demande une "présence accrue" des casques bleus dans le centre | Equateur: La Cour constitutionnelle approuve le mariage homosexuel
FRANCE : Une femme a été expulsée vers l'Erythrée, considéré comme l'un des pays les plus répressifs au monde. C'est une première depuis au moins vingt ans. D'ordinaire, les Érythréens qui ont pu prouver leur nationalité auprès des autorités françaises obtiennent une protection. Cette ressortissante érythréenne a été arrêtée le 8 mai à la frontière espagnole, à bord d’un autobus. Placée en centre de rétention, elle a multiplié les recours judiciaires et déposé en urgence une demande d'asile, mais en vain. Tout a été rejeté. Elle a fait appel du rejet de l’asile mais, avant l'examen de son recours, a été reconduite de force dans son pays natal le 6 juin, en dépit des mises en garde sur le régime totalitaire qui règne à Asmara.
MOZAMBIQUE : Les enfants atteints d'albinisme font face à l'insécurité et à d'importants obstacles pour accéder à une éducation de qualité dans la province de Tete au Mozambique, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.
Ces enfants "ont du mal à surmonter les obstacles tels que l'insécurité, les brimades et l'absence d'aménagements raisonnables au sein de la classe, ce qui constitue une violation de leur droit à l'éducation. Bien que le gouvernement mozambicain ait pris d'importantes mesures pour mieux protéger les droits des enfants atteints d'albinisme, il doit faire davantage d'efforts pour assurer un accès à l'éducation égal pour tous."
RUSSIE : Hier, une marche organisée dans le centre de Moscou contre les abus de la police, qui n'avait pas reçu l'autorisation officielle de la mairie, a été dispersée par les autorités. Au moins 400 manifestants ont été interpelés, dont plusieurs journalistes ainsi que les organisateurs de la marche.
Ces arrestations en masse font suite à une forte mobilisation de la population pour la libération du journaliste Ivan Golounov, réputé pour ses enquêtes sur la corruption des élites et les malversations dans les secteurs opaques et mafieux. Le Kremlin avait dit craindre mardi que la marche ne « gêne l’atmosphère festive » de mercredi, jour férié célébrant l’indépendance de la Russie vis-à-vis de l’URSS. Arrêté le 6 juin à Moscou par des policiers qui affirmaient avoir découvert dans son sac à dos puis dans son appartement d’importantes quantités de drogue, Ivan Golounov avait été assigné à résidence samedi avant d’être disculpé et libéré mardi – un recul rarissime des autorités.
Parmi les personnes arrêtées figure le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui a fait l’objet de nombreuses procédures judiciaires et détentions ces dernières années.
GAZA : Les combats entre Israël et des groupes armés palestiniens à Gaza début mai 2019 ont été marqués par des attaques illégales commises par les deux camps, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Quinze civils palestiniens et quatre civils israéliens ont été tué lors des combats. Quatre frappes aériennes israéliennes ont touché des sites qui ne semblaient pas être liés à un objectif militaire ou qui risquaient de causer une perte disproportionnée de vies de civils, en violation des lois de la guerre. Parmi les civils tués figuraient une femme palestinienne enceinte, un garçon de 11 ans et un bébé.
Aujourd'hui, l'armée israélienne a affirmé avoir mené un raid contre une position du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza, après le tir d'une roquette contre Israël depuis l'enclave palestinienne. Mercredi soir, l'armée israélienne a annoncé la fermeture de la zone maritime de la bande de Gaza, empêchant ainsi les pêcheurs de sortir en mer, suite à l'envoi de nouveaux ballons incendiaires depuis l'enclave palestinienne vers Israël
MALI : Alors qu’un nouveau massacre interethnique s’est produit en début de semaine dans le centre du Mali, les autorités du pays ont demandé au Conseil de sécurité des Nations unies, mercredi 12 juin, un soutien plus poussé dans la zone, la mission de l'ONU (Minusma) arrivant à échéance fin juin. Le gouvernement demande une présence accrue des casques bleus dans les régions du centre du pays, "condition du succès du processus politique que nous allons engager dans les prochains jours" a déclaré Tiébilé Dramé, le ministre malien des affaires étrangères.
Une attaque non revendiquée, dans la nuit de dimanche à lundi, contre le village dogon de Sobame Da a fait au moins 35 morts, dont 24 enfants. Les violences intercommunautaires dans le centre du Mali avaient culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls, attribué à des chasseurs dogons. Depuis l’apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture.
EQUATEUR : La Cour constitutionnelle d’Equateur (CEE) a annoncé mercredi 12 juin qu’elle approuvait le mariage « égalitaire ». Une décision qui fait jurisprudence dans un pays où la Constitution d’inspiration socialiste, en vigueur depuis 2008, établit le mariage comme l’union entre un homme et une femme. La CEE a précisé dans un communiqué que l’union entre deux personnes de même sexe avait été approuvée par cinq de ses neuf magistrats lors d’une audience à huis clos.
En 2015, l’Equateur avait reconnu l’union de fait des homosexuels par une réforme du code civil.