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UE, Belgique, Danemark : Évoquer les droits humains lors de la visite du chef d’État vietnamien

Le président vietnamien To Lam entame une visite en Europe, alors que son gouvernement accentue sa répression contre les voix critiques

Le dirigeant vietnamien To Lam serrait la main de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une rencontre tenue en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre 2024. © 2024 Pool UE/Agence Hans Lucas via Reuters

(Bruxelles, 19 octobre 2026) – Au cours de la visite du président vietnamien To Lam à Copenhague et à Bruxelles durant la semaine du 19 au 24 octobre, les dirigeants de l’Union européenne, de la Belgique et du Danemark devraient l’inciter à réaliser des avancées concrètes afin d’améliorer le bilan du Vietnam en matière de droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Human Rights Watch a écrit à la Première ministre danoise, au Premier ministre belge et – aux côtés d’autres organisations – aux présidences du Conseil européen et de la Commission européenne, afin d’exprimer son inquiétude face à la répression accrue des droits humains au Vietnam, qui viole plusieurs obligations et engagements que le pays a contractés auprès de l’UE via un accord commercial de 2020.

« Le gouvernement vietnamien n’a pas tenu sa promesse de mener des réformes, et continue plutôt de réprimer les libertés fondamentales », a déclaré Patricia Gossman, directrice adjointe senior de la division Asie de Human Rights Watch. « Les dirigeants européens devraient communiquer clairement et publiquement au président To Lam que les violations des droits humains, y compris ceux des travailleurs, ne seront plus tolérées. »

Dans ses courriers, Human Rights Watch a souligné que le gouvernement vietnamien a fortement intensifié sa répression à l’encontre des libertés fondamentales au cours des dix dernières années. Avant d’accéder à la présidence du Vietnam, To Lam a occupé les fonctions de ministre de la Sûreté publique (dirigeant les forces de police) de 2016 à 2024, puis de Secrétaire général du Parti communiste vietnamien.

Sous l’autorité de To Lam, la police vietnamienne a lancé une vaste campagne répressive qui a décimé la société civile du pays, accentué la répression transnationale et élargi la portée et le recours à des lois draconiennes qui pénalisent l’exercice de la liberté d’expression, ce qui enfreint les obligations du Vietnam en matière de droits humains.

Au moins 160 prisonniers politiques sont actuellement incarcérés au Vietnam, ayant été poursuivis en vertu de lois draconiennes qui bafouent leurs droits à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’activisme pacifique en faveur des droits humains et de la démocratie. Parmi ces prisonnier.ère.s politiques figurent Pham Doan Trang, une écrivaine qui milite pour les droits humains, Can Thi Theu, une activiste défendant les droits fonciers, Pham Chi Dung et Nguyen Tuong Thuy, des journalistes indépendants, Hoang Duc Binh, un défenseur des droits des travailleurs, ainsi que Le Dinh Luong, Nguyen Van Tuc, Tran Duc Thach, Tran Van Bang et Nguyen Trung Ton, activistes pro-démocratie.

Au cours des neuf premiers mois de 2026, les tribunaux vietnamiens ont reconnu coupables et condamnés à de longues peines de prison au moins 28 activistes, dont les blogueurs connus Hoang Thi Hong Thai et Huynh Ngoc Tuan. La police a arrêté au moins 39 autres personnes accusées d’avoir critiqué le gouvernement ou d’appartenir à des groupes religieux ou politiques en disgrâce.

Le gouvernement vietnamien a manqué de mettre en place les réformes juridiques auxquelles il s’était engagé en passant des accords de libre-échange et de partenariat. Il s’était notamment engagé à ratifier la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du travail sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, alors qu’il continue à entraver la mise en place de syndicats indépendants.

En dépit de l’incapacité du Vietnam à honorer ses promesses, l’Union européenne a avancé d’un cran ses relations bilatérales avec ce pays, avec la signature d’un Partenariat stratégique global. Des préoccupations continuent certes d’être exprimées dans le cadre de dialogues annuels sur le sujet des droits humains, mais sans parvenir à déboucher sur des résultats concrets.

« L’Union européenne et ses États membres devraient cesser de fermer les yeux sur la répression au Vietnam », a conclu Patricia Gossman. « Leurs dirigeants devraient plutôt indiquer clairement à To Lam que si le Vietnam poursuit sa répression sans adopter de réformes, les relations politiques et commerciales de ce pays avec l’Europe en subiront les conséquences. »

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