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ONU : Les plans d’aide à la Syrie devraient intégrer les principes des droits humains

Il faut appliquer les « Paramètres et principes » élaborés par deux agences de l’ONU afin de protéger les droits des habitants

Un convoi humanitaire circulait dans une rue de Douma (Ghouta orientale), à l’est de Damas, en Syrie, en mars 2018. Cette ville était alors encore sous le contrôle de groupes armés antigouvernementaux. © 2018 Samer Bouidani/picture-alliance/dpa/AP Images

(Beyrouth, le 23 novembre 2020) - Les agences des Nations Unies devraient intégrer certains principes relatifs aux droits humains dans tout plan d’aide humanitaire à la Syrie, selon une lettre adressée aujourd’hui par Human Rights Watch aux deux agences qui ont élaboré ces principes. Les principaux donateurs devraient soutenir cet effort lors de leur réunion du 24 novembre 2020.

Compte tenu de l'environnement opérationnel difficile auquel sont confrontées les agences d'aide humanitaire en Syrie, le Département des affaires politiques des Nations Unies (DPPA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont conjointement élaboré des Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie. Ce document fournit un cadre fondé sur les droits humains, pour les diverses agences des Nations Unies opérant en Syrie. Le Secrétaire général a approuvé ces directives, mais l'ONU n'a pas encore pris de mesure significative pour les incorporer dans les programmes d'aide à la Syrie.

« L'ONU a élaboré un cadre qui pourrait aider les agences humanitaires à travailler en Syrie d’une manière conforme aux principes des droits humains », a déclaré Sara Kayyali, chercheuse sur la Syrie à Human Rights Watch. « Mais au lieu de s'appuyer sur ce cadre, l'ONU semble l'avoir mis de côté, tout en poursuivant ses laborieux efforts pour fournir en Syrie une aide humanitaire qui respecte ces principes. »

Depuis le début du conflit en Syrie, le gouvernement syrien a mis en place une stratégie politique et juridique qui lui permet de détourner l'aide humanitaire pour financer des atrocités, punir des opposants réels ou présumés, et récompenser ses partisans. Le gouvernement a restreint l'accès des organisations humanitaires à des communautés qui auraient besoin d’aide, approuvant de manière sélective les projets et imposant aux agences des partenariats avec certains acteurs locaux ayant des liens avec les services de sécurité syriens, responsables de divers abus.

Les principes de l'ONU exigeraient que les agences des Nations Unies opérant en Syrie « examinent attentivement » la dimension droits humains, en particulier pour déterminer où et comment l'assistance est fournie, et éviter ainsi de fournir une assistance aux parties « qui auraient commis des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité ».

Le gouvernement syrien a continué de restreindre le travail des organisations humanitaires, même durant la pandémie de coronavirus. Human Rights Watch a constaté que les agences humanitaires continuent de faire face à d’importants obstacles à l’acheminement d’aide à partir de Damas vers des zones non contrôlées par le gouvernement, dans le nord-est de la Syrie. Même dans les zones contrôlées par le gouvernement, les agences sont confrontées à d’importants retards pour obtenir l'autorisation requise afin d’acheminer l’aide.

Cette situation est devenue plus urgente, suite à la fermeture de trois des quatre points de passage précédemment autorisés par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Texte complet en anglais : en ligne ici.

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