Un épais nuage de fumée noire s’élève au-dessus de l’Hôpital des Cents Lits, dans le quartier Dasht-e Barchi à Kaboul, en Afghanistan, peu après l’attaque meurtrière qui y a été commise le 12 mai 2020. Une maternité soutenue par MSF est située dans cet hôpital.

 

© 2020 AP Photo/Rahmat Gul

(New York, le 12 mai 2020) - L'attaque commise le 12 mai par des assaillants non identifiés contre un hôpital de Kaboul, en Afghanistan, a fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils et constitue manifestement un crime de guerre, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Un attentat-suicide à la bombe et des échanges de tirs ont tué au moins 13 civils, dont 2 nourrissons, et en ont blessé au moins 15 personnes. Plus de 80 patients, dont des enfants, ont dû être évacués de l'hôpital.

Aucun groupe armé n'a revendiqué l'attaque de l'hôpital, dont la maternité est soutenue par l'organisation Médecins San Frontières (MSF). Les talibans ont nié toute implication. Le quartier Dasht-e Barchi à Kaboul, où se trouve l'hôpital, est habité majoritairement par des membres de la communauté chiite hazara. Il a précédemment été visé par des attaques menées par l'État islamique de la province de Khorasan, un groupe affilié à l'État islamique (EI, ou Daech).

« Une attaque contre une maternité est un crime insoutenable », a déclaré Patricia Gossman, directrice adjointe de la division Asie à Human Right Watch. « Celle-ci s’inscrit dans une longue liste d’attaques par des groupes armés ciblant des hôpitaux, des professionnels de la santé et des patients en Afghanistan. »

Le nombre d’attaques délibérées contre des hôpitaux et professionnels de la santé en Afghanistan a fortement augmenté depuis 2017. Les insurgés, qu’il s’agisse de combattants de groupes affiliés à l'Etat islamique ou des talibans, sont responsables d’en grand nombre de ces attaques. Les forces de sécurité afghanes ont mené des opérations dans des centres de soins où la présence d’insurgés était soupçonnée, et lors desquelles des membres du personnel médical et des patients ont été tués ou blessés.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.

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