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Inde : Le confinement lié au COVID-19 comporte des risques pour les personnes démunies

Les autorités devraient veiller à ce que tous les citoyens aient accès, selon un principe égalitaire, à la nourriture et aux soins de santé

Des travailleurs migrants qui se trouvaient à New Delhi entament une longue marche pour retourner dans leurs villages le 27 mars 2020, suite à l’annonce du décret de confinement général en Inde, et à la forte réduction des services de transport public. © 2020 AP Photo/Manish Swarup

(New York, le 27 mars 2020) - Les autorités indiennes devraient adopter d'urgence des mesures pour protéger les personnes les plus pauvres et vulnérables du pays dans le cadre des mesures de confinement liées au COVID-19, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Le 24 mars, le gouvernement a annoncé l’instauration d’un confinement général d’une durée de trois semaines, afin de lutter contre la propagation du coronavirus dans le pays.

Le confinement a déjà touché de manière disproportionnée les communautés marginalisées, affectées par la perte de moyens de subsistance et par la difficulté d’obtenir de la nourriture et de subvenir à d’autres besoins de base comme des soins de santé, ou la possibilité de payer leur loyer. Le gouvernement a la responsabilité de protéger la santé et le bien-être de la population, mais des dizaines de milliers de travailleurs migrants se retrouvent bloqués, la plupart des services ferroviaires et d'autobus étant suspendus. La fermeture des frontières a perturbé l'approvisionnement en biens essentiels, provoquant l'inflation et la crainte de pénuries. Des milliers de sans-abri ont besoin de protection. Les actions de la police visant à punir ceux qui violent les ordonnances auraient entraîné des abus contre des personnes dans le besoin.

« Le gouvernement indien est confronté à un défi extraordinaire afin de protéger plus d'un milliard de personnes vivant souvent à l’étroit, mais les efforts visant à empêcher la propagation du coronavirus doivent intégrer des protections des droits des citoyens », a déclaré Meenakshi Ganguly, directrice pour l'Asie du Sud à Human Rights Watch.

Le gouvernement devrait payer les salaires en suspens pour tous les emplois couverts par la Loi Mahatma Gandhi sur la garantie de l'emploi rural, et élargir son champ d'application à d’autres personnes qui sont actuellement privées de la possibilité de poursuivre leur travail.

En outre, les autorités devraient immédiatement ordonner à la police d'agir avec retenue lors de leurs actions visant à imposer les mesures de confinement. Dans plusieurs États, des photos et des vidéos montrent des policiers frappant violemment des personnes qui tentent d'obtenir des fournitures essentielles. Au Bengale occidental, la police aurait battu à mort un homme de 32 ans après qu'il soit sorti de chez lui pour obtenir du lait. Une vidéo de l'Uttar Pradesh montre que la police force les travailleurs migrants, qui essayaient de rentrer chez eux, à sauter dans la rue pour les humilier. La police du Maharashtra aurait battu des sans-abri pour les expulser des rues.

Human Rights Watch a exprimé sa préoccupation au sujet du risque croissant de stigmatisation à l’égard de certains individus, et de violences commises lors d’incidents d’« auto-justice » (vigilantisme).

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2020/03/27/india-covid-19-lockdown-puts-poor-risk

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