Un policier à bord d’un véhicule de la Police nationale nicaraguayenne tire en direction de manifestants près du centre commercial Metrocentro à Managua, le 28 mai 2018.

© 2018 Oscar Martín Sánchez Valdivia

(Bruxelles, le 22 octobre 2019) - L'Union européenne (UE) et ses États membres devraient agir rapidement dans le cadre de sanctions adopté récemment, en vue d'imposer des sanctions ciblées au président Daniel Ortega et à d'autres hauts responsables nicaraguayens responsables de graves violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le 14 octobre 2019, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont adopté un cadre juridique pour des mesures restrictives ciblées à l'encontre des personnes et des entités responsables d'atteintes aux droits humains commises au Nicaragua, liées à la répression violente des manifestations antigouvernementales ayant débuté en avril 2018.

« Maintenant que l'UE dispose du cadre juridique pour sanctionner les principaux responsables nicaraguayens impliqués dans la répression brutale des opposants, l’Union devrait rapidement imposer des interdictions de voyager et des gels d'avoirs aux individus responsables de graves violations », a déclaré José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques de Human Rights Watch.

La répression des manifestations a fait au moins 328 morts, des milliers de blessés et ont été accompagnées par des centaines d’arrestations arbitraires. De nombreuses personnes arrêtées ont été torturées et soumises à d'autres abus – y compris des viols – par la police nationale, qui agissait parfois en coordination avec des gangs armés pro-gouvernementaux. Le gouvernement du président Ortega a également ciblé des dirigeants de la société civile et des journalistes indépendants.

Dans une lettre adressée conjointement en juillet à la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et aux ministres européens des Affaires étrangères, Human Rights Watch avait recommandé que l'UE impose des sanctions ciblées à sept hauts responsables nicaraguayens :

  • le président Daniel Ortega, chef suprême de la police nationale;
  • le général à la retraite Aminta Granera, ancien chef de la police nationale;
  • le général Francisco Díaz, directeur de la police nationale;
  • le général Ramon Avellán, directeur adjoint de la police nationale;
  • le général Jaime Vanegas, inspecteur général de la police nationale;
  • le général Luis Pérez Olivas, directeur de la Direction de l'assistance judiciaire (DAJ); et
  • le général Justo Pastor Urbina, directeur du Département des opérations spéciales (DOEP).

Le Canada et les États-Unis ont déjà imposé des sanctions visant certains de ces individus, dont le général Díaz.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/10/22/eu-sanction-nicaraguans-grave-abuses

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