Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

© AP Photo/Francisco Seco, file

L’attribution du prix Nobel de la paix 2019 au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, pour ses efforts en faveur de la « paix et de la coopération internationale », est nouvelle ayant un aspect doux-amer pour de nombreux habitants de l’Éthiopie et des pays voisins.

Abiy a lancé une vague de réformes à l’égard des droits humains au cours de sa première année au pouvoir, et a pris des mesures louables dans le cadre des rapports avec d’autres pays de la région. Mais une telle reconnaissance internationale est peut-être prématurée.

Abiy a libéré des dizaines de milliers de prisonniers politiques - enfermés dans des conditions horribles par ses prédécesseurs - et a encouragé la révision de lois répressives utilisées pour restreindre la liberté d'expression et violer les droits des citoyens. Il a également invité des membres de groupes d'opposition précédemment interdits à revenir en Éthiopie, et a reconnu publiquement les exactions commises dans le passé.

Mais dans le même temps, il y a eu une recrudescence des conflits ethniques et une dégradation de l'ordre public dans une grande partie de l'Éthiopie. Le gouvernement d’Abiy aurait dû faire plus pour résoudre ces problèmes ethniques.

Il sera essentiel de s’assurer que les auteurs de crimes commis dans le passé soient tenus responsables de leurs actes, non seulement pour renforcer le processus de réconciliation nationale, mais aussi pour mieux faire face aux tensions politiques et ethniques et à la violence qui sévissent encore dans une grande partie du pays.

Tribune complète en anglais :

www.hrw.org/news/2019/10/11/bittersweet-nobel-prize-ethiopias-leader

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