La justice iranienne vient de confirmer l'arrestation de Fariba Adelkhah, anthropologue franco-iranienne, à Téhéran. Des sources médiatiques avaient déjà indiqué que l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI) avait arrêté Fariba Adelkhah, une chercheuse de l’université de recherche Sciences Po, basée à Paris, à son domicile, le 7 juin. Elle est détenue depuis lors. Les accusations portées contre elle restent floues, mais son arrestation s'inscrit dans un schéma bien connu de ciblage par l'Iran de ressortissants binationaux.

Fariba Adelkhah.

© Sciences Po

Alors que l'Organisation de renseignement du GRI a acquis plus de pouvoir sur le territoire national, l'agence a procédé à la majorité des arrestations de citoyens iraniens binationaux et d'étrangers qu’elle perçoit comme ayant des liens avec des institutions universitaires, économiques et culturelles occidentales.

Il s'agit notamment d'universitaires, de personnes du monde de l'art et de journalistes. Au cours des interrogatoires, les responsables du GRI accusent apparemment les détenus d'espionnage, non pas sur la base de preuves spécifiques, mais simplement en raison de leur appartenance à des institutions publiques occidentales. Les médias d'Etat iraniens diffusent également des soi-disant "documentaires", accusant les suspects d'être des espions pour des pays étrangers avant de les condamner.

Les autorités iraniennes refusent systématiquement aux personnes accusées de crimes contre la sécurité nationale l'accès aux avocats de leur choix pendant la phase d'enquête de la procédure judiciaire.

Les binationaux qui ont la chance d'être libérés ne sont généralement pas acquittés, mais libérés pour des "raisons humanitaires". Et les récentes indications selon lesquelles l'Iran pourrait être disposé à libérer davantage de ressortissants étrangers en échange d'accords bilatéraux, par exemple avec les États-Unis, ne font que renforcer la conviction que ces arrestations ne reposent pas sur des preuves d'activité criminelle mais que les détenus sont utilisés comme monnaie d'échange.

Il est honteux de constater que nombre des personnes détenues illégalement œuvraient souvent avec ardeur pour créer des liens entre l'Iran et la communauté internationale au bénéfice des Iraniens. Ces personnes devraient être remerciées et non traitées comme des criminels pour leur travail. Mais les autorités iraniennes semblent déterminées à bafouer les droits des individus au lieu de les respecter. Les autorités françaises devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que Fariba Adelkhah ne devienne pas une nouvelle victime de ces pratiques.

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