Manifestation de femmes sud-soudanaises contre le recrutement d’enfants soldats, tenue à Juba le 9 décembre 2017.

© 2017 Stefanie Glinski / AFP/ Getty Images

(Nairobi, le 6 février 2018) - Les forces gouvernementales et les groupes d'opposition armés au Soudan du Sud continuent de recruter des enfants soldats et de les forcer à combattre, malgré de nombreux engagements sur la cessation de cette pratique, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Les Nations Unies, l'Union africaine (UA), l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Intergovernmental Authority on Development, IGAD), appuyées par leurs États membres, devraient immédiatement imposer un embargo sur les armes à destination du Soudan du Sud. Ces organismes devraient aussi imposer des sanctions ciblées à l’encontre des hauts responsables, notamment le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar, ainsi que des commandants responsables de violations graves des lois de la guerre. La Commission de l'Union africaine devrait accélérer la mise en place du Tribunal hybride proposée pour le Soudan du Sud, afin de statuer sur les crimes les plus graves commis dans le cadre du conflit au Soudan du Sud, a ajouté Human Rights Watch.

« Le recrutement sans relâche et l'utilisation d'enfants soldats par l’armée et par les groupes rebelles démontrent l'impunité totale qui règne au Soudan du Sud, et le coût terrible de cette guerre pour les enfants », a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch.

(VIDÉO, sous-titres via cc) – HRW dénonce le recours aux enfants soldats par l'armée ainsi que par les groupes rebelles au Soudan du Sud, et appelle à la cessation de cette pratique qui constitue une grave violation du droit international.

Human Rights Watch a interrogé plus d’une vingtaine d'enfants soldats originaires des anciens États d'Equatoria occidental et d'Unité au Soudan du Sud, en novembre et décembre 2017. Human Rights Watch a constaté que des commandants des forces gouvernementales et des groupes rebelles avaient enlevé et enrôlé de force de nombreux garçons – dont certains n’avaient que 13 ans – depuis la signature de ont l'Accord sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (ARCSS) en août 2015. À la fin du mois de janvier 2018, les belligérants se sont à nouveau engagés auprès de l’UNICEF à démobiliser tout mineur recruté ou enrôlé de force. À ce jour, ils n'ont toutefois pas respecté cet engagement.

Le droit international relatif aux droits humains interdit l'utilisation d'enfants de moins de 18 ans dans des combats ; l’enrôlement ou l’utilisation d’enfants soldats âgés de moins de 15 ans équivaut à un crime de guerre.

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