((Beyrouth, le 19 février 2017) - Le gouvernement russe semble violer son propre engagement à enquêter sur les victimes civiles des frappes aériennes menées en Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

La Tour Spasskaya du Kremlin, siège du gouvernement russe situé dans le centre de Moscou, photographiée le 5 mai 2016.

© 2016 Reuters

Dans un courrier adressé le 22 novembre 2016 au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, Human Rights Watch avait décrit 16 attaques aériennes menées par les forces syro-russes entre le 30 septembre 2015 et le 19 septembre 2016 – apparemment de manière délibérée ou sans discernement – contre des civils et des infrastructures civiles comme des boulangeries, des marchés et des structures à vocation humanitaire. Ces attaques avaient tué 141 civils. La Russie s'était engagée à enquêter sur les attaques « ayant conduit à d'importantes pertes civiles » en Syrie, et à rendre compte de ses conclusions au Groupe de travail chargé de surveiller l’accord de cessez-le-feu (International Syria Support Group Ceasefire Task Force), ainsi qu’au Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Malgré le cessez-le-feu et une baisse significative du nombre de raids aériens en Syrie, de nouvelles attaques ont été menées contre des quartiers contrôlés par l'opposition, tuant et blessant des civils », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord au sein de Human Rights Watch. « Les civils qui ont été blessés lors de frappes menées par les forces syro-russes, ainsi que les proches des personnes tuées, attendent toujours des réponses et une forme d’indemnisation pour ces pertes. »

Dans son courrier de novembre, Human Rights Watch a posé plusieurs questions au sujet des enquêtes sur les attaques aériennes menées par les forces russes et syriennes en Syrie qui auraient tué et blessé des civils. Les autorités russes ne semblent pas avoir fait de déclaration publique au sujet de ces enquêtes.

Le gouvernement russe devrait enquêter sur les 16 attaques aériennes documentées par Human Rights Watch, publier les conclusions et indemniser les familles touchées, a déclaré Human Rights Watch.

Communiqué plus détaillé en anglais :

www.hrw.org/news/2017/02/19/russia-broken-promises-investigations