Manifestation tenue à Istanbul le 28 novembre 2015 en hommage à l’avocat turc Tahir Elçi, assassiné plus tôt dans la journée.

© 2015 Reuters

(Istanbul, le 28 novembre 2015) - L'assassinat de l’avocat Tahir Elçi, l’un des principaux défenseurs des droits humains en Turquie, le 28 novembre, est une perte immense pour toutes les personnes qui défendent les droits humains, l’État de droit, la démocratie et la justice dans ce pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Human Rights Watch a présenté ses sincères condoléances à la famille de Tahir Elçi, qui fut le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Diyarbakir, ainsi qu’à ses amis et collègues.

« C’est une sombre journée pour la Turquie : l'assassinat de Tahir Elçi porte un coup dévastateur non seulement à la communauté des défenseurs des droits humains, mais à tous ceux qui œuvrent pour la justice et l’état de droit dans ce pays », a déclaré Emma Sinclair-Webb, chercheuse senior auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Tahir Elçi joué un rôle clé en tant qu’avocat de victimes de violations des droits humains et en tant que dénonciateur de tactiques abusives, qu’elle soit utilisées par l'Etat ou par des groupes armés. »

Tahir Elçi a été mortellement touché par une balle dans la tête juste après la tenue d'une conférence de presse dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, où il vivait et travaillait depuis de nombreuses années. Les circonstances exactes de l’attaque ne sont pas encore clairement établies. Un policier a également été tué à proximité de l’attentat.

Les autorités turques devraient  immédiatement ouvrir une enquête rigoureuse  sur les circonstances exactes de l’assassinat de Tahir Elci en vue de traduire les responsables en justice, a ajouté Human Rights Watch.

Le mois dernier, un procureur d'Istanbul a ouvert une enquête criminelle à l’encontre de Taher Elçi après qu'il ait déclaré sur CNN le 15 octobre que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) n’était pas une organisation terroriste, mais un mouvement politique armé qui avait parfois commis des actes terroristes. Bien que ces propos fussent en principe protégés par le droit à la liberté d'expression, il a été accusé de « propagande terroriste » et son procès devait débuter en avril 2016.

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2015/11/28/turkey-human-rights-lawyer-murdered

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