Des femmes libanaises tiennent des photos de proches ayant disparu pendant la guerre civile du Liban (1975 -1990), lors d'une manifestation tenue le 18 septembre 2014 devant le palais du gouvernement à Beyrouth et visant la publication de toutes les informations disponibles sur ces disparitions.

© 2014 Reuters

(Beyrouth, le 29 août 2015) - Les autorités libanaises devraient mettre en place une commission nationale indépendante chargée d’enquêter sur le sort des victimes de disparitions forcées ayant eu lieu lors de la guerre civile de 1975-1990 et dans la période qui a suivi, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Cet appel a été lancé à la veille de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, le 30 août, date désignée par les Nations Unies pour mobiliser l’attention sur ce problème à travers le monde.

Les autorités libanaises n’ont toujours pas abordé de manière adéquate la question des disparitions forcées, selon Human Rights Watch. Même si le nombre de disparitions forcées au Liban a fortement diminué depuis les années 1990, Human Rights Watch a documenté des cas de Syriens qui vivaient au Liban et qui ont manifestement été victimes de telles disparitions depuis le déclenchement du conflit en Syrie en 2011. Les autorités libanaises devraient enquêter sur ces cas récents, en vue de traduire en justice les responsables présumés.

« En dépit des promesses répétées, les autorités libanaises n’ont toujours pas fourni aux familles des disparus des réponses sur le sort de leurs proches », a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le Liban ne peut pas avancer sans aborder de manière adéquate les problèmes du passé. »

Les disparitions forcées constituent des crimes particulièrement graves au regard du droit international, et peuvent constituer un crime contre l'humanité si elles sont perpétrées dans le cadre d’une offensive généralisée contre la population civile.

Selon les estimations, 17 000 Libanais ont été enlevés ou ont « disparu » lors de la guerre civile de 1975-1990. En outre, de nombreuses personnes ont « disparu » au Liban après 1990, lors de la présence militaire de la Syrie dans le pays et depuis le début du conflit en Syrie ; plusieurs d’entre elles seraient actuellement détenues en Syrie.

Le 4 mars 2014, le Conseil d'État du Liban – l'institution judiciaire chargée de contrôler la légalité des actions menées par les autorités publiques – a accordé aux familles des personnes disparues une victoire en demandant au gouvernement de leur transmettre les rapports réalisés par la Commission officielle chargée d’enquêter sur les disparitions forcées au Liban, créée 2000.

Le Comité des familles de personnes kidnappées ou disparues au Liban (CFKDL) et d’autres organisations non gouvernementales ont proposé la promulgation d’une loi visant à créer une commission nationale indépendante pour enquêter sur le sort des disparus.

Human Rights Watch soutient cette démarche, et appelle en outre le Liban à ratifier la Convention des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

 

Communiqué intégral en anglais :

https://www.hrw.org/news/2015/08/28/lebanon-establish-national-commission-disappearances

 

Dans la presse :

L’Orient Le Jour / AFP 29.08.15

Libanews.com 31.08.15