Le procès du chef militaire Bosco Ntaganda pour des crimes graves qui auraient été commis dans l’est de la République démocratique du Congo doit s’ouvrir le 2 septembre 2015 à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Des collaboratrices de Human Rights Watch seront présentes dans la salle d’audience  pour assister à l’ouverture du procès et le tweeteront en direct. Human Rights Watch a également publié un document de questions-réponses ainsi qu’une vidéo sur l’affaire Ntaganda.

RDC : Bosco Ntaganda, ex-chef de guerre jugé par la CPI

(Vidéo de 2015) - Bref profil de l'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda, diffusé par HRW à la veille de l'ouverture de son procès à la Cour pénale internationale à La Haye, le 2 septembre 2015.

« Bosco Ntaganda a échappé à un mandat d’arrêt de la CPI pendant sept ans, tandis que ses forces armées continuaient de perpétrer des exactions épouvantables », a déclaré Géraldine Mattioli-Zeltner, directrice de plaidoyer pour le programme Justice internationale à Human Rights Watch. « Le procès de Ntaganda montre que la justice finira par rattraper les individus recherchés pour les crimes les plus graves. »

 

Le procès devait initialement débuter le 2 juin, mais il a été reporté à la demande des avocats de la défense de Ntaganda, qui souhaitaient avoir davantage de temps pour se préparer, étant donné la quantité de preuves récemment divulguées par le Bureau du Procureur de la CPI.

La CPI a émis son premier mandat d’arrêt à l’encontre de Ntaganda en août 2006. Il doit répondre de 13 chefs d’accusation de crimes de guerre et 5 de crimes contre l’humanité sur des allégations de meurtre, viol et esclavage sexuel, recrutement et utilisation d’enfants soldats, et pillage commis en Ituri, en RD Congo, en 2002 et 2003. Entre 2006 et 2013, les troupes sous le commandement de Ntaganda ont continué d’être impliquées dans de graves violations de droits humains. Ntaganda s’est rendu lui-même à l’ambassade des États-Unis à Kigali, au Rwanda, en mars 2013, après l’éclatement du M23, le groupe rebelle auquel il appartenait à ce moment-là.

Ntaganda est la quatrième personne à faire l’objet de poursuites devant la CPI pour des crimes graves commis en RD Congo. Un cinquième mandat d’arrêt de la CPI n’a toujours pas été exécuté à l’encontre du Général Sylvestre Mudacumura, le chef militaire d’un groupe armé rwandais majoritairement Hutu actif en RD Congo, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Les autorités congolaises, avec l’aide des forces de maintien de la paix des Nations Unies, devrait de toute urgence arrêter Mudacumura et le remettre à la CPI, a déclaré Human Rights Watch.