(Duhok, le 28 juin 2014) - Les forces de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou ISIS en anglais) ont enlevé au moins 40 Turkmènes chiites, dynamité quatre lieux de culte chiites, et pillé les maisons et les fermes dans deux villages chiites près de la ville de Mossoul en Irak, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques d’une violence frénétique ont été perpétrées lors d’une période de trois jours qui a débuté le 23 juin.

L’EIIL a d’abord ordonné aux 950 familles turkmènes chiites qui vivaient dans les deux villages agricoles - Guba et Shireekhan - de quitter les lieux, selon neuf villageois déplacés, deux militants locaux, ainsi que des journalistes locaux interrogés par Human Rights Watch. Ces sources ont indiqué que d’autres villageois rescapés, tous des sunnites, ont affirmé que le groupe armé extrémiste sunnite avait tué plusieurs hommes parmi les Turkmènes chiites, sans toutefois pouvoir fournir d’informations sur la localisation des corps. L’EIIL continue de contrôler les deux villages.

« Ce déferlement de violence par l’EIIL fait suite à une longue série d'attaques par des extrémistes sunnites armés contre les Turkmènes et d’autres minorités », a observé Letta Tayler, chercheuse senior sur le terrorisme et la lutte antiterroriste à Human Rights Watch.

Les 25 et 26 juin, l’EIIL a en outre détruit sept lieux de culte chiites à Tal Afar, une ville habitée majoritairement par des Turkmènes et située à 50 kilomètres à l'ouest de Mossoul, dont les forces de l’EIIL s’est emparées le 16 juin. Cette information a été divulguée par des résidents et militants locaux, qui ont ajouté qu’environ 90 % des habitants turkmènes de Tal Afar avaient dû fuir cette ville.

« L’EIIL devrait immédiatement libérer tous les civils enlevés et mettre fin aux actes de pillage », a déclaré Letta Tayler. « Tuer des civils ou des combattants capturés constitue un crime de guerre, et les combattants de l’EIIL ainsi que leurs commandants doivent comprendre qu'ils risquent de faire face un jour à la justice pour de tels crimes. »

 

Communiqué intégral en anglais: https://www.hrw.org/node/126975