Une chambre dans l’unité des soins intensifs de l'Hôpital général de Falloujah, photographiée le 10 février 2014, peu après une frappe aérienne menée par les forces gouvernementales irakiennes et lors de laquelle le patient qui s’y trouvait a été grièvement blessé.

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(Bagdad, le 27 mai 2014) - Les forces gouvernementales irakiennes, qui luttent depuis le mois de janvier contre des groupes armés dans la province d'Anbar, dans l’ouest du pays, ont à plusieurs reprises tiré des des obus de mortier et mené d’autres attaques contre l'Hôpital général de Falloujah, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. La récurrence des attaques contre le principal hôpital de Falloujah, ainsi que le recours à des armes à tir direct, semblent clairement indiquer que les forces irakiennes ont pris cet hôpital pour cible, ce qui constituerait une violation grave des lois de la guerre.

Depuis début mai, les forces gouvernementales ont également largué des barils d’explosifs sur des quartiers résidentiels de Falloujah et des zones voisines, dans le cadre d'une campagne intensifiée contre les groupes d'opposition armés, y compris l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou ISIS en anglais) . Ces attaques aveugles ont fait de nombreuses victimes civiles et forcé des milliers d'habitants à fuir leurs foyers.

« Cela fait plus de quatre mois que les forces gouvernementales soumettent des quartiers résidentiels de Falloujah à des tirs aveugles, et elles ont récemment intensifié leurs attaques », a commenté Fred Abrahams, conseiller spécial à Human Rights Watch. « Ce mépris flagrant de la sécurité des civils a des conséquences mortelles pour les personnes subissant les tirs croisés des forces gouvernementales et des groupes d'opposition. »

Les groupes armés qui luttent contre les forces gouvernementales dans la province d’Anbar, y compris ISIS, ont affirmé avoir exécuté des soldats irakiens capturés. ISIS a également revendiqué la responsabilité d’attentats suicide et d’attentats à la voiture piégée contre des cibles civiles dans d'autres régions de l'Irak. Ces nouvelles exactions viennent s’ajouter à de précédentes graves violations des droits humains commises par ISIS, qui constituent selon toute probabilité selon Human Rights Watch des crimes contre l'humanité.

Les combattants d’ISIS ont placé des engins explosifs improvisés le long de la route principale et dans d'autres quartiers de Falloujah, et mis en place des centres de détention, selon des habitants de la ville.

« Les crimes commis par les groupes armés d'opposition sont certes odieux, mais ceci ne justifie pas le recours par le gouvernement irakien à des attaques illégales », a ajouté Fred Abrahams. « Les alliés de l'Irak devraient condamner la prise pour cible d’infrastructures civiles, l'utilisation apparente de bombes-barils et toute autre type d’attaque aveugle. »

Communiqué intégral en anglais (avec d’autres photos) : www.hrw.org/node/125880