Des feux d’artifice illuminent la place Tahrir, au Caire, dans la nuit du 3 juillet 2013, peu après l’annonce par l’armée égyptienne de la destitution du président Mohamed Morsi.

© 2013 Reuters

(New York, le 4 juillet 2013) - Le nouveau gouvernement égyptien devrait rompre de manière décisive avec la tendance à commettre de graves abus qui a prévalu depuis le soulèvement de janvier 2011, et s'engager à respecter les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient protéger et promouvoir les droits de tous les Égyptiens, et mettre fin aux arrestations arbitraires de membres de l’organisation des Frères musulmans ainsi que du Parti de la liberté et de la justice, affilié à cette organisation.

Lors d’une allocution télévisée prononcée dans la soirée du 3 juillet, le général Abdel Fattah al-Sisi, le chef des forces armées égyptiennes, a déclaré que l'armée avait temporairement suspendu la constitution. Il a ajouté que le président de la Cour suprême constitutionnelle, Adly Mansour, prêterait serment en tant que chef d’État par intérim en attendant l’organisation de nouvelles élections présidentielles, et qu'un gouvernement « technocratique » disposerait de pleins pouvoirs. Le général al-Sisi a précisé que le président par intérim aura le pouvoir d'émettre des décrets constitutionnels durant la période de transition.

« Les Égyptiens ont énormément souffert sous les généraux, puis sous le gouvernement du président Morsi, qui s’est montré peu soucieux des questions relatives aux droits humains », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Un test qui permettra de déterminer si l'Égypte est capable ou non de reprendre la voie du développement démocratique sera de voir si le Parti de la liberté et de la justice sera toujours en mesure de fonctionner sans crainte de représailles politiques contre ses membres. »

Human Rights Watch a exprimé ses préoccupations relatives aux questions des droits humains dans plusieurs domaines, sous la présidence de Mohamed Morsi :

  • Atteintes à la liberté d’expression
  • Atteintes à la liberté de religion
  • Poursuite de procès militaires visant des civils
  • Poursuite de procès liés à la loi sur l’état d’urgence
  • Violences policières et impunité
  • Atteintes à la liberté de réunion et d'association
  • Inaction face au problème des violences sexuelles

 

Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, incluant des informations détaillées sur les préoccupations de Human Rights Watch, veuillez cliquer ici.