(New York, le 26 avril 2011) - Les autorités turkmènes ont arrêté au moins quatre personnes depuis le début du mois de mars, sur la base de motifs apparemment politiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces arrestations ont eu lieu peu avant la visite d'une délégation du Parlement européen, devant débuter le 27 avril et dont l'objectif est d'évaluer la situation des droits humains au Turkménistan.

« Cette dernière vague d'arrestations illustre de manière alarmante la répression implacable exercée par le gouvernement turkmène à l'encontre de toute voix indépendante », a observé Veronika Szente Goldston, directrice de plaidoyer auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Le Parlement européen devrait dénoncer clairement ce genre d'abus et exiger la libération de ces prisonniers politiques, lors de leurs réunions avec les autorités turkmènes. »

L'évaluation par la délégation du Parlement européen de la situation des droits humains au Turkménistan est requise pour permettre au Parlement d'actualiser sa position concernant l'Accord de partenariat et de coopération (APC). Cet accord devrait mener à une normalisation complète des relations entre l'Union européenne et le Turkménistan - y compris au niveau commercial - mais a été mis en suspens pendant plusieurs années en raison de la situation préoccupante des droits humains au Turkménistan.

Parmi les personnes récemment arrêtées figurent :

Bazargeldy et Aydjemal Berdyev, arrêtés le 19 avril par environ 10 hommes qui seraient des agents de la sécurité nationale. Selon l'Initiative turkmène pour les droits de l'homme, une organisation non gouvernementale basée à Vienne, ce couple a été persécuté par le gouvernement depuis plus d'une décennie. Bazargeldy et Aydjemal Berdyev auraient subi des actes de torture, des périodes de détention illégale, et la confiscation illégale de leurs biens.

Bisengul Begdesenov, un éminent dirigeant de la communauté kazakhe au Turkménistan, arrêté à son domicile le 11 avril par des fonctionnaires du ministère de la Sécurité nationale. Il est apparemment accusé de fraude et pourrait encourir jusqu'à cinq ans de prison s'il est reconnu coupable.

Amangelen Shapudakov, un collaborateur occasionnel de Radio Free Europe / Radio Liberty, âgé de 80 ans, arrêté le 7 mars et interné de force dans un établissement psychiatrique à Balkanabat, capitale de la province de Balkan dans l'ouest du pays..

Le Turkménistan est largement reconnu comme l'un des pays les plus répressifs au monde, ainsi que le décrit une note d'information récemment transmise par Human Rights Watch au Parlement européen. Les droits à la liberté d'expression, d'association, de réunion, de mouvement, et de religion sont soumis à des restrictions draconiennes.

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