Rassemblement d'une foule dans la ville syrienne de Homs le 24 avril 2011, après une nouvelle vague de répression meurtrière par les forces de sécurité contre des personnes qui exprimaient leur opposition au président Bachar al-Assad.

© 2011 Reuters

(New York, le 24 avril 2011) - L'Organisation des Nations Unies devrait lancer une enquête internationale sur les actions meurtrières des forces de sécurité syriennes contre des manifestants pacifiques dans 14 villes le 22 avril, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Cette enquête devrait également examiner d'autres violations des droits humains commises depuis le début des manifestations anti-gouvernementales à la mi-mars.

Les États-Unis et l'Union européenne (UE) devraient en outre imposer des sanctions visant les autorités syriennes ayant ordonné l'utilisation de la force meurtrière contre des manifestants pacifiques, ainsi que la détention arbitraire et la torture de centaines de protestataires. Les États-Unis et l'UE devraient aussi exiger la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter de mesures à prendre face à l'escalade de la violence en Syrie, notamment le 22 avril.

« Après le carnage de vendredi, il ne suffit plus de condamner la violence », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Face à la stratégie des autorités syriennes qui se résume par tirer pour tuer, la communauté internationale doit imposer des sanctions contre tout individu ayant donné ou approuvé de tels ordres. »

Le vendredi 22 avril, les forces de sécurité syriennes ont tué au moins 76 manifestants, et ce chiffre pourrait même atteindre 112 selon des listes établies par des militants syriens des droits humains. Selon les témoignages recueillis par Human Rights Watch dans quatre villes - Homs, Ezraa, Douma, et Maadamiya - les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants sans avertissement. Le lendemain, le 23 avril, les forces de sécurité ont également tiré sur des cortèges funèbres à  Barza, à Douma, et à Ezraa, tuant au moins 12 personnes selon les informations publiées par les médias.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le président américain Barack Obama et le président du Parlement européen Jerzy Buzek ont dénoncé avec véhémence la répression meurtrière du 22 avril, et ont appelé les autorités syriennes à cesser de recourir à la violence contre des manifestants pacifiques, sans toutefois prendre des mesures concrètes.

La nombre de victimes a été particulièrement élevé à Homs, à Ezraa (dans le sud du pays), et dans les villes à proximité de Damas.

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