Des manifestantes irakiennes défilent sur la place de Sara à Sulaimaniya, dans le nord du pays, le 25 mars 2011. Le 18 avril, les forces de sécurité ont violemment pris le contrôle de la place, où des manifestations quotidiennes avaient eu lieu depuis le 17 février.

© 2011 Samer Muscati/Human Rights Watch

(New York, le 21 avril 2011) - Les autorités du Kurdistan devraient cesser de réprimer avec une intensité croissante les manifestations pacifiques qui se déroulent dans le nord de l'Irak, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient par ailleurs traduire en justice les individus responsables des attaques menées à Erbil et à Sulaymaniya depuis le 17 avril contre des manifestants et des journalistes, au cours desquelles des forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants et les ont violemment passés à tabac.

Human Rights Watch a également appelé les autorités irakiennes à Bagdad à enquêter sur la détention et la torture d'un manifestant, Alaa Nabil, et à inculper formellement ou relâcher plus d'une vingtaine d'activistes actuellement incarcérés dans une prison située dans l'ancien aéroport  Muthanna à l'ouest de la capitale. Le gouvernement central irakien et les autorités régionales du Kurdistan devraient révoquer leur récente interdiction de manifestations à Bagdad et dans la province de Sulaimaniya, a ajouté Human Rights Watch.

« Les autorités irakiennes du Kurdistan et à Bagdad doivent contrôler leurs forces de sécurité et protéger le droit des Irakiens de manifester pacifiquement », a commenté Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

La constitution irakienne garantit la « liberté de réunion et de manifestation pacifique ». En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l'Iraq est tenu de protéger les droits à la vie et la sécurité de la personne ainsi que les droits à la liberté d'expression, d'association , et de réunion pacifique. L'Irak devrait également respecter les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois. Selon ces principes, la force meurtrière ne peut être utilisée lorsque cela est absolument inévitable pour protéger la vie, et doit être exercée avec modération et de manière proportionnelle. L'article 7 dispose que « Les gouvernements feront en sorte que l'usage arbitraire ou abusif de la force ou des armes à feu par les responsables de l'application des lois soit puni comme une infraction pénale, en application de la législation nationale. »

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