Des mines antichar trouvées à proximité de la ville libyenne d'Ajdabiya le 28 mars 2011.

© 2011 Human Rights Watch

(Benghazi, le 30 mars 2011) - Les forces de Mouammar Kadhafi ont posé des mines antipersonnel ainsi que des mines antichar sur le territoire libyen dans le cadre de leur conflit actuel avec des groupes d'opposition armés, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

« La Libye doit cesser immédiatement d'utiliser des mines antipersonnel, qui sont interdites par la plupart des pays depuis plusieurs années », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences de Human Rights Watch. « Les forces de Kadhafi devraient veiller à ce que toutes les mines récemment posées soient dégagées dès que possible pour éviter les pertes civiles. »

Les mines - deux dizaines de mines anti-véhicules et près de trois dizaines de mines antipersonnel - ont été trouvées dans la banlieue est d'Ajdabiya, une ville de 100 000 habitants que les forces gouvernementales ont contrôlée du 17 au 27 mars.

Les mines ont été trouvées à quelques mètres de la route principale entre Ajdabiya et Benghazi, une voie à forte circulation dans une zone également fréquentée par de nombreux passants, constituant donc une menace directe à la population civile. Compte tenu de la forte circulation dans cette zone, les mines ont de toute évidence été posées alors que les forces gouvernementales se trouvaient à Ajdabiya. Human Rights Watch est en possession de photos de ces mines, ainsi que d'une vidéo de la dangereuse opération de déminage.

Les forces rebelles à Benghazi, qui contrôlent actuellement le stock de mines anti-véhicules conservé dans cette ville, ont affirmé à Human Rights Watch qu'ils n'utiliseront aucun type de mines. Cette garantie a été donnée par le général Khalifa Hufter, commandant des forces rebelles dans l'est de la Libye, lors d'une entrevue avec Human Rights Watch à Benghazi le 25 mars.

La Libye est l'un des 37 pays n'ayant pas encore signé le Traité d'interdiction des mines de 1997, auquel 156 pays sont parties ; deux autres pays l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié. Ce traité interdit l'utilisation, la production et le transfert de toutes les mines antipersonnel. Par ailleurs le traité requiert la destruction des stocks dans un délai de quatre ans, le déminage des zones minées dans un délai de dix ans, ainsi que la fourniture d'aide aux victimes des mines terrestres.

En 1992, Human Rights Watch a été l'un des six membres fondateurs de la Campagne internationale pour interdire les mines (International Campaign to Ban Landmines, ICBL), co-lauréate du Prix Nobel de la Paix en 1997.

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