Un jeune manifestant bahreïnien blessé le 17 février 2011, transporté dans la salle d'urgences d'un hôpital de la capitale, Manama.

© 2011 Reuters

Mise à jour le 18.02 : Selon des sources hospitalières, le nombre de personnes tuées lors de l'assaut par les forces de sécurité du rond-point de la Perle dans les premières heures du jeudi 17 février s'élèverait à quatre (et non à trois) victimes. Veuillez cliquer ici pour plus d'informations (en anglais).

(Washington, le 17 février 2011) - Le roi du Bahreïn, Hamad Al Khalifa, et le ministre de l'Intérieur, Cheikh Rashid Al Khalifa, devraient  immédiatement et publiquement ordonner la cessation des attaques meurtrières contre des manifestants pacifiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Cinq personnes ont été tuées et des centaines ont été blessés, certaines grièvement, depuis le 14 février.

Human Rights Watch a également appelé le roi Hamad à divulguer qui a ordonné l'assaut survenu le jeudi 17 février vers trois heures du matin contre un camp de manifestants qui avait été dressé autour du rond-point de la Perle, dans la capitale Manama. La plupart des personnes qui s'y trouvaient alors, y compris des familles avec des enfants, étaient endormies. Le roi devrait s'assurer que les donneurs d'ordre seront tenus responsables de ce recours illégal à la force létale, qui a fait trois morts. Des centaines de policiers anti-émeute et au moins un hélicoptère ont participé à cette opération, ce qui laisse supposer que celle-ci a été planifiée et autorisée à un niveau très élevé, a ajouté Human Rights Watch.

« Rien ne permet de justifier un tel recours à la force létale  et l'utilisation abusive d'armes comme des gaz lacrymogènes, contre des personnes endormies », a souligné Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le roi Hamad et d'autres hauts représentants du gouvernement doivent expliquer comment et pourquoi cet incident s'est produit, et exiger des comptes de toute personne ayant autorisé ou planifié cette opération. »

Vers trois heures du matin ce jeudi, des centaines de forces de sécurité ont encerclé et attaqué le camp des manifestants qui s'étaient rassemblés pacifiquement la veille. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que la police anti-émeute étaient armée de gaz lacrymogènes, de matraques, et de pistolets à grenaille. Miguel Marquez, journaliste de la chaîne de télévision américaine ABC-TV, a affirmé lors d'un reportage en direct que la police tirait des « tonnes de gaz lacrymogènes. »  Quelques instants plus tard, il a été violemment agressé par des hommes qu'il a ensuite qualifié de « voyous ».

Maryam al-Khawaja, qui travaille pour le Centre bahreïnien des droits humains, se trouvait dans une tente installée en tant que « Centre Média » face au rond-point de la Perle quand l'attaque s'est produite. Elle a indiqué à Human Rights Watch qu'aucun avertissement ou demande de dispersion n'a précédé l'assaut. Maryam Al-Khawaja a ajouté que la police a complètement encerclé le camp de manifestants, ne permettant à personne de fuir les gaz lacrymogènes ou tirs d'armes.

Plusieurs centaines de manifestants ont été emmenés à l'hôpital de Salmaniyya ainsi qu'à l'Hôpital de la Mission américaine à Manama. Nabeel Rajab, président du Centre bahreïnien des droits de l'homme, a expliqué à Human Rights Watch qu'il s'est rendu à l'hôpital Salmaniyya dans la matinée du jeudi 17 février et y a vu les corps de trois personnes tuées quelques heures auparavant. Il dit qu'il a également vu de nombreux blessés, parmi lesquels des personnes souffrant de blessures à la tête.

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