Le 13 août 2009, Human Rights Watch a publié un rapport intitulé « White Flag Deaths: Killings of Palestinian Civilians during Operation Cast Lead » (« Morts sous drapeau blanc : Meurtres de civils palestiniens pendant l'opération ‘Plomb durci' » faisant état de graves violations des lois de la guerre commises par les forces de défense israéliennes (FDI) au cours de l'opération « Plomb durci ». Au lieu de répondre aux conclusions du rapport, les autorités israéliennes tentent de discréditer le rapport et Human Rights Watch en formulant de fausses accusations.

« Au lieu de traiter sérieusement les informations recueillies par des organismes de défense des droits humains à Gaza, le gouvernement israélien a lancé contre eux une guerre de propagande », a affirmé Iain Levine, directeur des programmes à Human Rights Watch. « Si le gouvernement israélien veut faire taire les critiques, il ferait mieux d'enquêter sérieusement sur les accusations de comportements criminels et de prendre des mesures pour y mettre fin. »

  • «Human Rights Watch s'appuie sur des témoignages provenant de personnes qui ne sont pas libres de critiquer le régime du HamasMark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien, dans une interview à la BBC, 13 août 2009.

Ces deux allégations sont fausses. Human Rights Watch ne s'appuie pas seulement sur les témoignages de victimes et de témoins oculaires. Nous examinons des rapports médicaux tels que les rapports d'hôpitaux et d'autopsie ; des éléments de médecine légale restant après les attaques, comme les douilles, les traces de chars ou les boites de munitions ; les sites des attaques eux-mêmes ; et nous menons des entretiens auprès de multiples témoins, notamment du personnel médical et des forces de l'ordre, des militaires et autres fonctionnaires et, quand c'est possible, les coupables présumés. Nos entretiens se déroulent en privé (sauf indication contraire) et sont confidentiels. Nous recoupons soigneusement les entretiens individuels avec ceux d'autres témoins pour évaluer leur fiabilité et leur cohérence, et nous comparons les informations que nous recevons aux comptes-rendus des affrontements mis à disposition par les FDI, les listes des combattants du Hamas et dans les médias.

Le Hamas est responsable de nombreuses atteintes systématiques aux droits humains à Gaza, mais nombre de Palestiniens critiquent les pratiques du Hamas au cours de leurs entretiens avec Human Rights Watch, comme tout récemment dans notre rapport sur les attaques aux roquettes Qassam sur Israël du 6 août et notre rapport sur les violences politiques du Hamas du 20 avril. Comme l'a noté Regev dans une interview avec Al-Jazeera, « C'est Human Rights Watch qui a indiqué que des membres du Hamas tirent dans les genoux des gens qui n'hésitent pas à s'exprimer. » Cette information, comme le mentionnait le rapport, émanait de témoins palestiniens à Gaza.

Human Rights Watch dispose d'un consultant permanent basé à Gaza depuis 2006. Israël continue à refuser l'accès à Gaza à d'autres chercheurs de Human Rights Watch.

  • «Les dons recueillis par Human Rights Watch en Arabie Saoudite en tandem avec le gouvernement autoritaire de ce royaume soulèvent d'importantes questions sur l'objectivité, le professionnalisme, l'intégrité et la crédibilité de cette organisation.» Regev, cité par l'Agence France-Presse, 13 août 2009.

Human Rights Watch ne reçoit pas d'argent du gouvernement saoudien - ni d'aucun gouvernement. Des membres de Human Rights Watch ont participé à deux réceptions privées, à Riyad et Djeddah, organisées par des Saoudiens qui soutiennent Human Rights Watch, dans le but de présenter notre travail au Moyen Orient et d'essayer de développer le soutien aux droits humains en Arabie Saoudite. Nous y avons évoqué notre travail dans toute la région, y compris nos recherches sur le conflit de Gaza. Trois personnes affiliées au gouvernement assistaient à la réception, mais n'ont pas été sollicitées pour de l'argent. Nous avons participé à des réceptions similaires à Tel Aviv, Amman et Beyrouth, parmi les 150 événements que nous organisons dans le monde entier pour nous faire connaître, entre autres à Moscou, Sao Paolo, Sydney et Tokyo, ainsi qu'en Amérique du Nord et en Europe de l'ouest. Elargir les réseaux de citoyens qui soutiennent les droits humains devrait bénéficier à tous les peuples du Moyen Orient.

Ces événements n'ont pas d'incidence sur notre longue liste d'enquêtes portant sur le bilan épouvantable de l'Arabie Saoudite en matière de droits humains, la dernière en date étant un rapport publié le 10 août dernier documentant des exactions contre des détenus saoudiens. Comme il fallait s'y attendre, suite à la publication de ce rapport, nous avons été accusés de parti pris contre l'Arabie Saoudite, tout comme nous avons été accusés de parti pris contre Israël suite à notre récent rapport sur ce pays. Le 11 août, le Dr. Muhammad Al-Nujaimi, professeur à l'Institut des hautes études juridiques de Riyad, a rejeté ce rapport, affirmant qu'il reflétait notre parti pris pro-israélien : « cette organisation est sioniste dans ses conceptions et ses objectifs et derrière elle se trouvent des agences suspectes. »

  • Human Rights Watch «ne s'est pas souciée de donner le rapport aux FDI avant de le rendre public via les médias, afin de permettre une enquête approfondie.» Déclaration des FDI citée par le Jerusalem Post, 13 août 2009.

Ce n'est pas vrai. Dès le 10 février, six mois avant la publication de ce rapport, Human Rights Watch a envoyé aux FDI une lettre contenant un résumé détaillé de ses conclusions et des questions à propos de tous les cas évoqués dans le rapport, ainsi qu'un exemplaire du rapport définitif quelques jours avant sa publication, dès qu'il a été prêt. La lettre figure en annexe au rapport. Human Rights Watch a aussi sollicité à maintes reprises des rencontres avec le gouvernement israélien et les FDI pour discuter de nos conclusions, mais nos demandes ont été rejetées ; la dernière demande en date a été rejetée cette semaine par le ministère de la Justice, le ministère de la Défense, l'Avocat-général militaire et le bureau du porte-parole des FDI.

Human Rights Watch a régulièrement tenté d'engager le dialogue avec les FDI à propos de nos enquêtes sur les exactions des FDI, et a rencontré à de nombreuses reprises des hauts gradés des FDI au cours des dix dernières années pour évoquer nos conclusions. Néanmoins, au cours de cette dernière année, les FDI ont refusé de nous rencontrer.