Le Ministre de la Justice a saisi le Procureur Général près la Cour d’appel de Dakar du dossier d’extradition de Hissène Habré, a annoncé la Coalition sénégalaise pour l’extradition de Hissène Habré vers la Belgique (COSEHAB).

Cette saisine est la suite de la demande d’extradition formulée par la Belgique à l’encontre de l’ancien dictateur tchadien, le 19 septembre dernier.

« Nous attendons que la Cour d’appel soit maintenant saisie, qu’elle se prononce sur la demande d’extradition, et que Hissène Habré soit enfin envoyé en Belgique pour qu’il réponde, dans le cadre d’un procès juste et équitable, des accusations qui lui sont imputées » a déclaré Maître Demba Bathily Ciré, Secrétaire Général d’Amnesty International, section sénégalaise, et, porte-parole de la COSEHAB.

M. le Procureur Général doit maintenant procéder à l’interrogatoire de Hissène Habré et saisir la chambre d’accusation. Hissène Habré, alors détenu, comparaîtra devant cette chambre de la Cour d’appel de Dakar dans un délai de huit jours, sachant qu’un délai supplémentaire de huit jours peut être accordé avant les débats, à la demande du Procureur Général ou d’Hissène Habré.

La Cour d’appel, rappelons le, ne rend qu’un avis sur la légalité de la demande belge. Elle ne se prononce pas sur le fond. Si cet avis est favorable, le Président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, aura alors le dernier mot en apposant sa signature sur le décret d’extradition.

L’extradition de Hissène Habré est soutenue par des autorités internationales telles que M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, Mme. Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, M. Alpha Konaré, Président de la Commission de l’Union Africaine et M. Christos Pourgourides, Président de la Sous-commission des Droits de l’Homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Tous ont appelé le Sénégal à extrader l’ex-Président tchadien.

D’autre part, cette avancée dans la procédure d’extradition intervient alors que des milliers de tchadiens ont manifesté ce week-end dans les rues de N’Djamena pour renouveler leur soutien à l’extradition de l’ancien dictateur de leur pays.

Hissène Habré est accusé d’actes de tortures systématiques, de milliers d’assassinats politiques et notamment d’avoir organisé des campagnes d’une extrême violence contre des groupes ethniques particuliers. Les dossiers découverts dans les archives de la police politique de Hissène Habré, la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), fournissent des preuves très détaillées de son régime répressif, preuves incontournables. Un total de 12.321 noms de victimes a été mentionné rien que dans les documents retrouvés, incluant les noms de 1.208 victimes décédées en détention.