La persécution de personnalités de l'opposition par le gouvernement mauritanien sape toute chance d'élections libres et équitables, a exprimé Human Rights Watch dans une lettre adressée au président mauritanien aujourd'hui.

Depuis la fin avril, les forces de sécurité mauritanienne ont arrêté des dizaines de personnalités religieuses, politiciens de l'opposition et activistes, soi-disant dans le cadre d'une campagne pour réprimer les mouvements terroristes en Mauritanie. Le gouvernement a récemment libéré la totalité des personnes arrêtées, un geste qui coïncide avec l'annonce des élections présidentielles prévues pour le 7 novembre prochain. Ces personnes font cependant toujours face à un procès suite à une inculpation pour trahison non-fondée.

"Le gouvernement n'avance aucune preuve raisonnable de la participation des personnes arrêtées dans des activités terroristes," a déclaré Peter Takirambudde, directeur exécutif de la division Afrique à Human Rights Watch. "Il semble que ces arrestations soient un exemple supplémentaire d'utilisation opportuniste du langage antiterroriste par un gouvernement dans le but de réprimer des différences d'opinions légitimes."

Dans une lettre ouverte au Président Ould Sid Ahmed Taya, Human Rights Watch a également exprimé son inquiétude à propos d'un nombre toujours incertain d'officiers militaires tenus au secret suite à une tentative présumée de coup le 8 juin.

"Le manque d'accès aux militaires détenus soulève de graves inquiétudes sur leur traitement, étant donné des rapports passés exposant des conditions inhumaines de détention en Mauritanie," a déclaré Human Rights Watch. "Les officiers militaires toujours détenus doivent être inculpés et jugés sans délai dans le respect des règles d'un procès équitable."

Le gouvernement mauritanien réprime les droits à la liberté d'expression et d'association depuis des années. Les organisations non-gouvernementales, y compris les groupes de droits humains, et les médias sont constamment fermés, se voient refuser l'accès aux forums publics ou sont censurés lorsqu'ils expriment une opinion critique des politiques du gouvernement.

Human Rights Watch recommande donc avec insistance au gouvernement d'abolir les lois concernant la censure des médias et de permettre aux organisations légitimes des droits humains ainsi qu'à toute autre organisation caritative de fonctionner librement.