Le Président du Congo, Joseph Kabila devrait saisir l'occasion de sa visite auprès de l'Assemblée Générale des Nations Unies, qui débute aujourd'hui, pour annoncer la libération de l'un des défenseurs des droits humains les plus importants du pays, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

N'sii Luanda Shandwe est incarcéré à Kinshasa depuis plus de quatre mois et il est accusé de trahison et d'avoir abrité des criminels. Il passe en jugement devant la cour militaire et pourrait être condamné à mort s'il était reconnu coupable.

N'sii Luanda, qui est à la tête du Comité d'Observation des Droits Humains (CODHO), a apparemment été arrêté parce qu'il hébergeait chez lui un ancien détenu politique. Il a été détenu au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa et a récemment souffert de la malaria.

"Les défenseurs des droits humains sont régulièrement harcelés et arrêtés aux quatre coins du Congo," a dit Juliane Kippenberg de la Division Afrique de Human Rights Watch. Elle pressa le président Kabila de montrer son engagement envers les droits humains en prenant la démarche concrète de relâcher N'sii Luanda durant sa visite, ou de le transférer devant une cour civile pour être jugé en accord avec les standards internationaux de justice.

Human Rights Watch a cherché à rencontrer le président Kabila durant sa visite actuelle aux Etats-Unis pour discuter du cas de N'sii Luanda, aussi bien que des autres solutions pour la protection des droits humains.

Les méthodes d'intimidation et d'obstruction contre les défenseurs des droits humains dans les zones du Congo contrôlées par les rebelles sont étrangement similaires à celles des zones tenues par le gouvernement. Le 3 septembre, les forces du Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Mouvement de Libération (RCD-ML) arrêta un activiste des droits humains à Aru, dans le nord-est du Congo. Honoré Mosoko, de Justice Plus, fut détenu jusqu'au 6 septembre, manifestement parce qu'il avait donné une interview critique sur le RCD-ML au journal Voice of America. Le RCD-ML est une des factions rebelles qui avait été soutenues par le gouvernement ougandais.

A Goma, les activistes du Groupe d'Etude et d'Action pour un Développement bien-défini (GEAD) ont été incapable de faire leur travail depuis mai 2002, quand les soldats du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) occupèrent leurs bureaux. Le RCD est une force rebelle soutenue par les rwandais qui contrôle de larges parties de l'est du Congo. En mai, les soldats du RCD saisirent les documents et les équipements du GEAD, cadenassèrent le bureau et laissèrent des soldats pour garder le bâtiment. Au cours de la nuit du 29 mai, des soldats visitèrent la maison de Delphine Itongwa, un membre dirigeant du GEAD, manifestement pour intimider davantage l'organisation. Divers efforts pour rouvrir les bureaux de l'organisation ont échoué. Les autorités du RCD ont accusé le GEAD de liens avec les rebelles Mai Mai opposants du RCD, mais n'ont pas été capables de produire de preuves concrètes pour soutenir cette allégation.

"GEAD a le droit de faire librement son travail sans qu'on lui fasse du tort," a dit Kippenberg. "C'est inacceptable que des défenseurs des droits humains soient gênés dans leur travail et leur organisation suspendue sans aucune procédure, ni possibilité d'appel."