(New York) - Human Rights Watch appèle le Conseil de Sécurité aujourd'hui à agir pour arrêter le pillage des ressources naturelles du Congo par les armées étrangères. L'organisation des droits de l'homme demande également à l'ONU d'adresser les violations de droits humains commises par ces mêmes troupes.

Le groupe international des droits humains fait aussi appel à l'établissement d'une Commission d'experts de l'ONU pour enquêter sur ces abus et déterminer la responsabilité pour les graves violations des droits humains et de la loi humanitaire commises par tous les belligérants dans la RDC.  

" Tendis que les commandants ougandais étaient en train de piller l'or, le bois d'œuvre, le café, et contrôlaient les monopoles illicites dans la région d'Ituri, leurs troupes tuaient et abusaient des populations locales, " a dit Alison Des Forges, Chercheuse Principale à la Division Africaine de Human Rights Watch. " Sans intervention internationale, la situation ne va que s'empirer. "  
 
Le 16 avril, un groupe d'experts sur l'exploitation des ressources au RDC a publié un rapport concluant que les gouvernements de l'Ouganda, du Rwanda, et du Burundi, dont les troupes occupent une part du Congo de l'Est, profitent de la guerre en pillant de l'or et d'autres minéraux précieux, des diamants, du bois d'œuvre, de l'ivoire, et des revenus de taxes et d'impôts. Le rapport trouve aussi que les forces étrangères alliées avec le gouvernement congolais comme le Zimbabwe, l'Angola, et la Namibie profitent tous du conflit.  
 
" Le groupe d'experts a raison de conclure que 'seul le peuple congolais est perdant au regard de cette gigantesque entreprise,' " a dit DesForges.  
 
Human Rights Watch a récemment publié un rapport sur les graves abus des droits humains perpétrés au Nord-est du Congo par les troupes ougandaises et leurs alliés rebelles. Le rapport, intitulé " L'Ouganda dans l'Est du Congo: une présence qui attise les conflits politiques et ethniques, " est accessible au site internet de Human Rights Watch.  
 
L'exploitation illégale des ressources minérales et autres a aussi exacerbé la souffrance de la population dans les provinces du Kivu occupées par le Rwanda et le Burundi. Le groupe d'experts accuse le Rwanda d'avoir utilisé des prisonniers tirés de cachots rwandais pour extraire ces ressources, situation sur laquelle Human Rights Watch a aussi reçu des témoignages. Human Rights Watch est en train d'enquêter sur ces témoignages, mais n'a pas publié de rapport sur ce sujet jusqu'à présent.  
 
Human Rights Watch fait appel au Conseil de Sécurité de proroger le mandat du groupe d'experts afin que celui-ci puisse poursuivre ses enquêtes et les compléter par des investigations sur l'exploitation des ressources par les gouvernements alliés au gouvernement congolais : le Zimbabwe, l'Angola, et la Namibie.