RD Congo: Des survivantes peu soutenues alors que les violences sexuelles s’intensifient

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SOUNDBITE: J’étais partie chercher les feuilles de manioc quand les militaires sont arrivés et m’ont pris. (“Marie” Sexual violence survivor)

TEXT: WARNING This video includes distressing descriptions of sexual violence. The name of the survivor has been changed, and her words read by an actor.

SOUNDBITE: Ils ont déchiré mes habits et ils ont commencé à me violer, l’un après l’autre. (“Marie” Sexual violence survivor)

 

NARRATOR: Marie fait partie des nombreuses survivantes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo, où ce type de violence est de plus en plus utilisé comme arme de guerre. 

NARRATOR: Le M23, d’autres groupes armés et les forces gouvernementales congolaises violent des femmes et des filles en toute impunité. 

NARRATOR: Les coupes budgétaires dans l’aide étrangère par les États-Unis et d’autres bailleurs de fonds ont laissé les cliniques sans soins d’urgence essentiels. 

SOUNDBITE: Nous sommes un one-stop center qui est disponible à tout moment, ouvert à tout le monde et les soins sont 100 % gratuit. Nous faisons la prise en charge holistique des cas de violences basées sur le genre et les cas d'exploitation. Nous luttons contre des défis comme la rupture de kit post-viol. (Dr. Elisabeth Furaha, Medical Director, SOFEPADI)

NARRATOR: Des traitements cruciaux, comme la contraception d’urgence et les kits de traitement post-exposition (appelés kits PEP), peuvent protéger contre une infection potentielle par le VIH, mais doivent être administrés dans les 72 heures. 

NARRATOR: Dans l’est de la RDC, les États-Unis étaient le principal fourniessuer de ces traitements. Sans ces fournitures et d’autres ressources essentielles, les cliniques peinent à répondre aux besoins des survivantes de violences sexuelles. 

SOUNDBITE: Nous nous focalisons toujours sur la nécessité de consulter les soins avant 72h, afin de prévenir la grossesse indésirable, les infections sexuellement transmissibles comme le VIH, la ménorragie, la syphilis, l'hépatite B et autre.

SOUNDBITE: Quand je reprends connaissance 5h plus tard, je suis à l'hôpital. Les infirmiers ne sont pas là, et je vais me laver. A 17h je suis encore à l’hôpital, et ils me disent que pour des cas comme le mien, il faut aller à Bunia [the provincial capital]. C’est comme ça que j’ai commencé à chercher de l’argent et j’en ai trouvé un peu [after two months]. Je suis montée dans un taxi qui m’a amenée ici, à Bunia, et ils ont trouvé que j’étais enceinte et que j’avais contracté la maladie du VIH SIDA.

NARRATOR: Les survivantes de violences sexuelles sont souvent stigmatisées par leur communauté, ce qui rend leur guérison et leur résilience beaucoup plus difficiles. 

C’est pourquoi il est essentiel que les soins proposes aux survivantes de ces violences soient holistiques, avec notamment un accès à la santé reproductive, aux soins liés à l’avortement, ainsi qu’à un soutien psychologique et socio-économique.  

SOUNDBITE: Je peux même dire que même si les conflits persistent et que le nombre de cas continuent, Mais au moins le travail que nous faisons, ce n'est pas un temps perdu et nous contribuons à donner le courage.

NARRATOR: Tant que la guerre et les violences sexuelles persistent dans l’est de la RDC, les organisations soutenant les survivantes devraient disposer des outils et des ressources nécessaires pour répondre aux conséquences. 

NARRATOR: Les États-Unis et d’autres bailleurs de fonds internationaux devraient rétablir de toute urgence le financement des soins post-viol et des services aux survivantes de violences sexuelles dans l’est de la RDC. 

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Narrators: Janet Ngokadi, Anna Bruckner

Editor: Nicolas Suarez

Producers: Casey McCracken, Patrick Thompson

Videographer: Patrick Thompson

Additional Footage: AFP

Music: Audio Network

Les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo se sont intensifiées, tandis que le soutien aux survivantes a considérablement diminué, ont déclaré Human Rights Watch et l’organisation congolaise de défense des droits des femmes SOFEPADI aujourd’hui. 

Human Rights Watch a documenté des violences sexuelles commises par des membres d’au moins cinq groupes armés non étatiques et par des soldats de l’armée congolaise dans l’est de la RD Congo. L’intensification des combats dans les provinces de l’Ituri, Nord-Kivu, et du Sud-Kivu, ainsi que les baisses des financements et les difficultés d’accès aux services de santé n’ont cessé de compliquer l’obtention d’un soutien holistique nécessaire pour les femmes et les filles qui survivent à des violences sexuelles. De nombreux centres médicaux proposant des soins de santé et d’autres formes de soutien ont été contraints de fermer.

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