Les Accords de Washington, signés en décembre 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous la médiation des États-Unis, promettaient de mettre fin au désastreux conflit armé dans l'est de la RD Congo par le biais du retrait de troupes, de l’application du cessez-le-feu et d’une coopération économique portant sur des minerais critiques.
Quelques mois plus tard, les accords n’ont donné lieu qu'à des promesses de papier, les combats se poursuivant et les civils en faisant les frais. Le soutien aux groupes armés violents se poursuit, tout comme l'impunité pour les crimes graves. La visite du président congolais Félix Tshisekedi à Washington le 4 février pour une réunion ministérielle sur les minerais critiques offre aux responsables américains l'occasion de faire pression pour une véritable mise en œuvre des accords.
Les accords sont au point mort en raison d'accusations mutuelles de violations. Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, maintient son contrôle sur de vastes zones riches en minerais. Les combattants du M23 ont quitté la ville d'Uvira en janvier, mais aucun retrait significatif des forces rwandaises n'a eu lieu depuis lors, et les attaques contre les civils dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu se poursuivent.
Les pourparlers parallèles de Doha avec le M23, qui viennent de reprendre, progressent lentement. Selon les experts des Nations Unies, le M23 continue d'étendre son contrôle sur les mines produisant de l'or, de l'étain, du coltan et d'autres minerais dans le Nord et le Sud-Kivu, et de faire passer clandestinement des ressources au Rwanda pour les exporter. Le 28 janvier, un glissement de terrain à la mine de coltan de Rubaya, contrôlée par le M23 depuis 2024, a tué plus de 200 personnes, dont des femmes et des enfants, après que de fortes pluies aient provoqué l'effondrement de puits de mine artisanaux. De nombreuses victimes ont été ensevelies vivantes.
Les responsables américains et les partenaires régionaux qui rencontrent le président Tshisekedi devraient insister sur la nécessité de protéger les civils, d'assurer une surveillance indépendante du retrait des troupes et de garantir que toutes les parties belligérantes, y compris le M23 et les milices Wazalendo alliées au gouvernement congolais, soient tenues pour responsables des crimes graves qu'elles ont commis.
Sans faire pression sur la RD Congo et le Rwanda pour qu'ils luttent contre l'impunité en poursuivant les auteurs de meurtres illégaux, de déplacements forcés et de recrutements, il y a peu de chances que les accords de Washington réussissent là où d'autres ont échoué.
L'attention portée par le gouvernement américain au conflit dans l'est de la RD Congo donne un certain espoir à la région, mais la fin des exactions liées au conflit reste lointaine. Les États-Unis devraient maintenir leur engagement pour exiger la protection des civils et la justice. Les signatures seules ne mettent pas fin aux souffrances, seules les actions le peuvent.